‹ Poèmes de cendre et d'orChapitre 53 sur 64 · FETE DE NUIT · texte numérisé non relu

FETE DE NUIT

he méandre indolent Demeraude dorée Que trace le flot lent De Venise parée

S'enguirlande, ce soir, De feux et de lanternes, Mais au firmament noir Glisient des aêtres ternes,

Arlequin saute et court Du campanile au bouge . . .

Que le chemin est court Du lys à l'œillet rouge !

Des rires et du chaut Jaillissent des gondoles; Et, moi, Je pense aux folles De l'île Saint Clément.

Est-ce de trop de fêtes, De musique et d'amour Que leurs fragiles têtes Eclatèrent un jour?

Et ton parfum. Lagune, Toi, Ville, ta beauté, Ton sortilège j ô Lune, Pt fôif9 Tôlupt4,

0 Nuits vénitiennes, Furent-ils le flambeau Où ces frêles phalènes Trouvèrent leur tombeau?

Jouez, les guitaristes, Vos refrains les plus beaux .

Je pense à des fronts tristes Collés à des barreaux.

Vos heureuses roulades Doivent aller souvent Porter des sérénades A leur morne couvent;

Puissent-elles entendre, Dans leur tragique nuit, L'écho lointain et tendre De votre allègre bruit . . .

Car peut-être qu'alors, trompés par vous, leur rêve,

Leur peine, et leur désir, Interminablement liés à cette grève

Avec le Souvenir,

Essayant d'évoquer d'autres heures de joie, D'autres secrètes nuits,

Les canaux scintillants, et les masques de soie. Et les bonheurs enfuis.

Oublieront un instant la cellule, les grilles. Et le sombre préau.

Et reverront danser de belles jeunes filles. Clairs fantômes sur l'eau.

Jouez plus fort, les guitaristes! L'aube est grise

Sur les coupoles d'or.

0 Ville au cher et double visage, Venise

De plaisir et de mort . . .

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