‹ Poèmes de cendre et d'orChapitre 59 sur 64 · LES DIEUX S'EN VONT · texte numérisé non relu

LES DIEUX S'EN VONT

La mtr

La somptueuse nef d'or, de chêne et d'émail, Messagère de deuil ou porteuse de joie, Dont l'aurique laissait traîner ses glands de soie Parmi l'algue de pourpre et la fleur de corail,

0 pêcheur étonné qui hâles ton trémail, Tu ne la yerras plus, sur la mer qui flamboie, Passer, comme un splendide et lourd oiseau de proie, Avec un guerrier blond, rêveur au gouvernail;

De monstrueux vaisseaux, empanachés de flamme, Sans voile frémissante et sans rjrthmique rame, Au tumulte marin mêlent leur cri cinglant,

Et sous la moire verte oîi glissent les carènes. Creusant dans Peau mouvante un sillage sanglant. Des hélices d'acier mutilent les sirènes.

La forêi

Voici, forêt lunaire et chère aux jeux des dieux, Que tes nuits ne sont plus, comme jadis, troublées Par des frissons de source et des fuites ailées Et les rires des dryades en voiles bleus . . .

Car maintenant une hydre aux anneaux lumineux Escalade les flancs déclives des vallées : C*e»t le train, vomissant vers les voûtes et^Uées TJq scuffld fitrié à!oT, impur et charbonneux |

Et lorsque son haleine embrasée et stridente Lacère le ciel rouge et qu'une odeur ardente Emplit les halliers d'un panique désarroi,

Avec de rauques cris et des galops sonores, Haletants de terreur et hennissant d'effroi, Dans les bois profanés se cabrent les centaures.

L'azur

Aube, tranquillité, péristyles neigeux

Dressant ieur fronton clair sur les pentes hellènes . . .

Un nouveau matin bleu se lève sur Athènes.

0 silence sacré ! Mais soudain, orageux,

Un sourd vrombissement de frelons fabuleux Evoque la rumeur grondante des arènes; Ces temples, où riaient des héros et des reines. Quelle ombre oblique y met son profil anguleux?

Est-ce un fourbe épervier qui guette des colombes. Ou ce dragon, ailé d'argent, qui sur les tombes Grave la gigantesque empreinte de son bec?

Xon. Impie et vertigineux rival d'Eole, Brusque oiseau de métal déchirant Fazur grec, L'aéroplane, rose effleure l'Acropole.

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