COUCHER DE SOLEIL
kA (Maurice Teyrol,
SOUS les stores, le soleil lance D'obliques rayons. Dans les champs.
Près de la rivière, en silence, Se font les travaux du printemps.
Les jardins, le long de la rive, Sont tout parfumés, tout fleuris; Pour le souper dont l'heure arrive, Sur h barque à flot bout le riz.
Les moineaux vont, criant famine, Parmi la verte frondaison ; Les insectes à Taile fine Bourdonnent jusqu'en ma maison.
Vin généreux, par quelle grâce Peux-tu si bien nous réjouir, Que nous sentions, à chaque tasse, Nos vieux chagrins s'évanouir?
c4éMniË
xA Théodore ^Aubancl,
LE soleil rouge a franchi les montagnes Et s'est couché sous leur grand rideau noir; Dans les vallons, sur les fraîches campagnes, Flottent déjà les ténèbres du soir.
La lune, au ciel plein d*une blanche houle, Surgit, là-bas, du sein des pins obscurs; Le vent qui souffle et le ruisseau qui coule Font un concert de sons légers et purs.
C'est justement par cette nuit si belle Que doit venir Tami qui m'est si cherl Je prends mon luth, er, dans l'herbe nouvelle, Je vais l'attendre en chantant un vieil air.
VcAtT^S LE mU\IE\
^ Félix 'SJgamey,
QUELLE souplesse, quelle grâce, Quand la belle, au cœur innocent, Cueille, sur la route où l'on passe.
Les feuilles du mûrier luisant!
Sous ses doigts, les feuilles qui tremblent, Font un bruit d*oiseaux envolés; D'elles-mêmes, les feuilles semblent Venir sous ses doigts effilés.
PRINTEMPS 3f
On voit dans Tarbre sa main blanche^ Sa manche est retroussée un peu; Un bracelet d'or, sous sa manche, Miroite aux clartés du ciel bleu.
L'air joue en sa robe de soie, Dont flottent les plis radieux :
Tels les nuages, pleins de joie, Sur lesquels voyagent les dieux!
Tenez! le cavalier superbe, Pour la mieux voir, suspend ses pas; Et le piéton, assis dans Therbe, Laisse là son frugal repas.