‹ Poèmes de ChineChapitre 4 sur 25 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

Chinois tels que la littérature les révèle! — cest que^ entre les Chinois et le poète^ quelque pays qu habite (tailleurs ce dernier ^ il existe un idéal commun . Cest que y dans ce moment où tous les peuples y un peu Japonais à leur manière^ dispersent au vent, comme une inutile cendre^ les alluvions du passé, le poète se sent devenir, non pas réactionnaire, mais traditionniste, et que le Chinois est surtout un homme de tradition,

T>e plus, et voilà encore un secret motif de sympathie, le Chinois aime la nature naïvement, enfantinement, comme t aime le poète.

Fin observateur, à la fois indulgent et narquois, le Chinois a ainsi caractérisé le Français : — « Un homme agité qui toujours marche, sifflant son chien et donnant des sous aux petits enfants. » On pourrait de même, par une formule caricaturalement synthétique, définir le Chinois : « Un homme calme, assis dans un petit jardin, et qui songe aux aïeux en regardant pousser ses choux. »

Voilà, mon cher Piémont, le Chinois qui m' apparaît à travers vos traductions.

T eut-être ne le trouverait-on pas tout-à-fait identique dans la réalité. <S\fais qu importe ! IT^ous-mêmes, ressemblons-nous si exactement aux héros de Victor Hugo

et de Corneille? S o craie était laid: il sculpta les Grâces. Trenons le Chinois comme il s'est rêvé.

Depuis les vers immémoriaux que Confucius recueillit^ Jusqu'aux chansons populaires qui se vendent imprimées sur les petits cahiers à un souy et que les musiciennes courtisanes chantent le soir dans les bateaux de fleurs et les débits de thé y en passant par les odelettes dun art si précis et si raffiné de Li-taï-pé et de Thou-foUy le but de vos poètes reste le même : faire aimer la vie y en montrant que V homme au cœur pur peut ^ sans grand ennui ni grand ej^orty trouver son paradis sur terre.

Et quel indulgent paradis y clos et fleuri comme un jardin y que ce paradis de sages et de lettrés !

Du vin clair, une barque fine, Un peu de musique et d'amour, C'est en ce terrestre séjour, La béatitude divine.

Vamitiéy le vr/z, les verSy la musiqucy une barque amarrée y prête à prendre le fil de teauy en faut-il davantage pour être heureux ? Que t amant trahisse y que Fam-

Page 1