‹ Poèmes de ChineChapitre 5 sur 25 · PRÉFACE IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE IX

bîîîon déçoive, que la vieillesse arrive précédant la mort, t éternelle consolatrice est là: la !\ature. tNj>n pas la grande U^ature panthéiste, toujours environnée d! un peu de terreur: mais une nqture intime, rapprochée de nous, et qui, pour arriver à notre cœur, parle Sune voix familière:

Lorsque les vierges des campagnes Voguent sur les flots du lac bleu, Les fleurs lèvent la tête un peu Et disent: — Voici nos compagnes I

Puis, lorsqu'au souffle de la nuit Toutes s'en retournent chez elles, La lune aux blanches étincelles Sur les flots clairs les reconduit»

Vous est-il arrivé, aux jours éC école buissonnière^ de vous coucher à plat ventre au milieu des bois^ et là, pris dune délicieuse extase, le monde et la classe oubliés, dC avoir passé des heures et des heures, écoutant le vent chanter^ fherbe germer, et vous perdant dans la contemplation d*un infini féerique et minuscule?

Ces sensations, vos poètes chinois les ont senties et fixées:

Chaque beau jour qui s'écoule, Fuit pour ne plus revenir; Le clair printemps se déroule, Le printemps pur va finir.

Étendu, plein d'indolence.

Au pied çles grands arbres verts, Seul, je contemple en silence L'impénétrable univers...

La fleur Jo, comme elle est fraîche !

La fleur Lan, quel pur joyau! '

Puis la fleur Lan se dessèche, L'ombre emporte la fleur Jo.

Elle est divine et succombe, *

La fleur au parfum subtil !

La fleur penche, la fleur tombe; Mais son parfum, où va-t-il?

Tersonne comme ces délicats impressionnistes na traduit le charme pénétrant des demi-saisons y le premier réveil printaniery les vagues tristesses automnales :

O la bonne petite pluie,

Qui sait bien quand il faut venir!...

Doucement, sur un vent propice, Elle est venue, exprès, la nuit; Tiède, fine et réparatrice.

Elle a tout humecté sans bruit.

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