PRÉFACE XIII
ruines hantées y et la pluie qui tombe sur la mer tandis que les corbeaux croassent et que^ note délicieusement chinoise, un singe accroupi pleure là-bas y parmi les tombeaux.
VâmCy il est vrai, napas tant de couleur locale quon le pourrait croire; et F humanité y parait-il y est partout identique à elle-même. Sans parler de quelques poèmes évidemment moderneSy ou se devine Faction réflexe de r influence européenne : La Guitare, par exemple y dune si étonnante virtuosité; Le Chien du vainqueur, dont r auteur pourrait bien avoir connu Leconte de Lisle; — et sans discuter cet exquis madrigal romantiqucy révélé par une lettrée de Taris y L'ombre des feuilles d'oranger, madrigaly si /ose rn exprimer ainsi, plus chinois que nature — il faut reconnaître quen bien des coins la poésie chinoise ressemble à notre poésie.
Certaines petites odes y très authentiques celles-là y mont agréablement fait songer à lointhologicy à Horace; ety ma foi! nen déplaise aux fanatiques d'exotisme y Le Retour pourrait bien rappeler aux lecteurs le charme d*une élégie d'Q4ndré Chénier.
V^ sent'On pas dans les Chants alternés le parfum agreste d'une églogue de Théocrite? Saurait-on
refuser à la Tour des V^grets^ à son vieux Jen-lVang et à ses diables y une couleur biiarrement dantesque ? Et le Fou des Fleurs na-t-il point quelque chose du lihre et charmant génie de La Fontaine ?
Toute cette poésie, — par certains autres côtés si différente de la nôtre, et qui^ mariant dans le texte original la magie du rythme à celle du dessin , donne, non seulement aux oreilles y mais encore aux jeux, un double plaisir esthétique — toute cette poésie se retrouve dans votre œuvre, mon cher Piémont! car, ainsi que les citations en témoignent, vous nave^ pas craint de traduire des vers en vers; et cest encore là un acte de courage dont il convient que Ton vous félicite.
cdutrefois la ville et la cour eussent estimé tout naturel ce qu aujourd'hui beaucoup considéreront comme une entreprise paradoxale.
Les Français aimaient alors les belles infidèles, pas toujours si infidèles que cela, et vraiment belles quelquefois, avec leur ceinture un peu lâche, sous la flottante draperie quun soufifle musical anime»
!?Q)us préférons aujourdhui, même lorsqu'il s'agit de cette chose légère :. le poète, les traductions archaïques, dune savante et compréhensive barbarie, exactes ine^o-