‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 18 sur 73 · LE CAPUCIN CHABOT · texte numérisé non relu

LE CAPUCIN CHABOT

Pour ce lâche ont mordu leur suprême cartouche, La Révolution s'est faite pour sa bouche Et le trente et un Mai ^ fera pour son lit.

Donc la bataille étant bien gagnée, il remplit Un rôle infâme et sûr d'assassin... Il épie, Il surveille, il dénonce, avec un zèle impie, Aboyant sur la piste où le lance Marat ; Menteur imperturbable, effronté scélérat, Il combine, il agence, il ourdit, il enfante, Passé maître dans l'art affreux du sycophante, Des pièges meurtriers où vont choir les héros. Anytus de cuisine, il signale aux bourreaux Gondorcet que sa rage apparente à Socrate, Et toi, son seul ami, crédule démocrate, Bazire, sans rougeur il te dénoncera, Et, vivant délateur, délateur il mourra.

Car il est jusqu'au bout de cette tourbe antique Qui, lorsqu'elle a tué les Thraséas, pratique Le vote officiel en l'honneur du turbot...

Il manquait aux Césai*s un capucin Chabot.

Page 1