‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 21 sur 73 · JULIE CANDEILLE · texte numérisé non relu

JULIE CANDEILLE

rêve ! il est un doux asile, Abrité des méchants hivers.

Paisible refuge d'idylle, La maison blanche aux volets verts.

Là nous irons, un clair dimanche.

Cueillir aux marges du ruisseau La sentimentale pervenche, La pervenche du bon Rousseau.

% La fleur de la mélancolie Aux regards d'azur amoureux...

On dira de moi : « C'est Julie, »

Et Ton t'appellera Saint-Preux.

L'une si vénérable et l'autre si charmante I Toutes deux sont ma force et toutes deux mon bien, L'enfant républicaine aux caresses d'amante Et l'amoureuse épique au bonnet phrygien.

monde hélas! captif, je veux que tu les aimes ! Je serai leur épée et leur verbe indompté, Et je veux à leurs pieds prosterner les rois blêmes Et briser l'échafaud, fils de la royauté.

Que le trône s'écroule et que l'échafaud tombe ! Puissé-je, des tyrans foudroyant le complot, Ravir, comme Héraclès, aux pièges de la tombe L'humanité plaintive, Àlceste au long sanglot.

JULIE GANOEILLE

Je serais ta belle fermière, Le printemps a de doux conseils :

dans une agreste chaumière Les bons sommeils, les gais réveils !

eO VER3NIAUD.

La République et toil mes vivantes délices, Double et sacré génie! ô mes muses, mes dieui, Pour qui j'alTronterais l'acier des froids supplices El la mome descente à l'Érèbe oublieui.

Car superbe j'irais redire aux asphodèles Et redire aux grands morts leurs divines faveurs, La gloire des baisers que mon front reçut d'elles, Et les morts m'envîraient, attentifs et rêveurs.

JULIE CANDBII.LB

rêve ! il est un doux asile, Abrité des mécbants hivers, Paisible refuge d'idjlle, La maison blanche aux volets verts.

Là nous irons, un clair dimanche.

Cueillir aux marges du ruisseau La sentimentale pervenche, La pervenche du bon Rousseau.

La fleur de la mélancolie

Aui regards d'anir amoureux...

On dira de moi : « C'est Julie, »

Et Ton t'appellera Saint-Preux.

L'une si vénérable et l'autre si charmante !

Toutes deux sont ma force et toutes deux mon bien, L'enfant républicaine aux caresses d'amante Et l'amoureuse épique au bonnet phrygien.

monde hélas ! captif, je veux que tu les aimes 1 Je serai leur épée et leur verbe indompté, Et je veux à leurs pieds prosterner les rois blêmes Et briser l'échafaud, fils de la royauté.

Que le trône s'écroule et que l'échafaud tombe 1 Puissé-je, des tyrans foudroyant le complot, Ravir, comme Héraclès, aux pièges de la tombe L'humanité plaintive, Àlceste au long sanglot.

JULIE GANOEILLE

Je serais ta belle fermière.

Le printemps a de doux conseils :

dans une agreste chaumière Les bons sommeils, les gais réveils 1

A*iiii' jour,

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Sublime illusion I magnifique chimère !

Jeune héros qu'attend un précoce trépas, Demain n'est plus à toi I non ! tu ne verras pas La Révolution ta mère

Confondre dans ses bras les peuples fraternels, Jour ineffable après une furtive aurore !

Mais ton rêve, ô Vergniaud, peut refleurir encore; Car les grands cœurs sont éternels.

Quand le monde affranchi retrouvera son âme, Par les siècles futurs tu seras acclamé.

Toi si noble et si fier pour avoir tant aimé La République et cette femme.

Ne vivre que pour un seul être, Le voir, l'entendre, chaque jour , Le respirer, n'avoir pour maître Que ton amour, que ton amour.

Reconnaissante et langoureuse, Parmi les rossignols, parmi Les roses, je vivrais heureuse Entre ma harpe et mon ami.

Des myrtes dans mes mains, des lauriers sur nos têtes! Le Triomphe vêtu de pourpre, aux blancs chevaux. Nous guide, et dans la joie innocente des fêtes La Guerre véhémente abdique ses travaux.

Plus de frontière hostile et de pacte rebelle ! Les Haines, vol sinistre, émigrent dans les airs ; Sur sa gorge paisible et large de Cybèle La Fédération embrasse l'univers.

Les peuples attendris échangent à la ronde Un immense baiser dans un immense chœur.

Gironde, ô Patrie, il n'est plus dans le monde Qu'un souverain, l'Amour, et qu'un dieu, le Bonheur!

Sublime illusion I magnifique chimère !

Jeune héros qu'attend un précoce trépas, Demain n'est plus à toi ! non I tu ne verras pas La Révolution ta mère

Confondre dans ses bras les peuples fraternels, Jour ineffable après une furtive aurore I Mais ton rêve, ô Vergniaud, peut refleurir encore; Car les grands cœurs sont éternels.

Quand le monde affranchi retrouvera son âme, Par les siècles futurs tu seras acclamé, Toi si noble et si fier pour avoir tant aimé La République et cette femme.

rafraichissement du cœur.

Flot Tierge, flot dmn que yeree la douceur l

Onde ineffable et salutaire Oirépanchalt surle front du grand Egalitaire,

Sur le front du grand Cordelier Uni? femme, pudique orgueil de son fojer

Atcz-vous vu ces fleurs discrètes jreuses d'embaumer les plus humbles retraites?

Telle fut cette femme aui aveui Sincères; sa maison enfermait tous ses vœui;

Elle y passa mélancolique Ses jours cachés en paix dans une ombre mystique,

Et sans soupçonner de meilleur Séjour que son paisible et doux intérieur.

Elle y fit fleurir autour d'elle Les bouquets ingénus de son amour fidèle ;

Elle y méditait Fart clément Dé plaire à ce mari plus aimé qu'un amant

Et trouvait sans peine et sans cesse Quelques secrets nouveaux d'indulgente tendresse.

Jamais son regard attristé Ne retint ce Centaure au hasard emporté.

Trop pure pour être jalouse, Elle était la vertu qui pardonne, l'épouse;

Et pour cet être au corps de feu.

Son idole, toujours elle priait son Dieu.

Ame angélique, crois et prie, Tandis que ton absent se voue à la Patrie, *

Et qu'au-devant de l'ennemi

Il darde comme un trait tout un peuple affermi,

rafraicfaissement du cœur.

Flot Tierge, flot divin que verse la douceur !

Onde ineffable et salutaire rtu'épanchait surle front du grand Egalit^re,

Sur le front du grand Cordelier Une femme; pudique orgueil de son foyer.

Avez-vous TU ces fleurs discrètes Heureuses d'embaumer les plus humbles retraites?

Telle fut cette femme aux aveus Sincères; sa maison enfermait tous ses vœui;

Elle y passa mélancolique Ses jours cachés en paix dans une ombre mystique,

Et sans soupçonner de meilleur Séjour que son paisible et doux intérieur.

Elle y fit fleurir autour d'elle Les bouquets ingénus de son amour fidèle ;

Elle y méditait Fart clément Dé plaire à ce mari plus aimé qu'un amant

Et trouvait sans peine et sans cesse Quelques secrets nouveaux d'indulgente tendresse.

Jamais son regard attristé Ne retint ce Centaure au hasard emporté.

Trop pure pour être jalouse, Elle était la vertu qui pardonne, l'épouse;

Et pour cet être au corps de feu.

Son idole, toujours elle priait son Dieu.

Ame angélique, crois et prie.

Tandis que ton absent se voue à la Patrie, *

Et qu'au-devant de l'ennemi Il darde comme un trait tout un peuple affermi,

Les bassins ou les cygnes Nagent en longues lignes Sont frôlés des menteurs Agioteurs.

Patients ils attendent Quelque naïf et tendent En bonnets de renard Leur traquenard ;

Tandis que maint clubiste Pour pérorer insiste Dans le cirque où prêchait L'abbé Fauchet.

Provinciaux novices, Garde à vous î tous les vices Dont Tessaim fol s'ébat Tiennent sabbat.

Le Jeu, le Jeu vous bêle ; Sa voix perçante et grêle

138 LE PALAIS-ROTAL.

Ge vague labyrinthe Où pullule sans crainte Un peuple d'émigrés Très rassurés.

Réfractaires du culte, Chouans d'allure occulte, Agents des étrangers Vont protégés

Par rinfini dédale Qui s*est fait du scandale, Du crime et du malheur Le receleur.

Et que d'abris ! tavernes, Couloirs, sombres cavernes.

Près des cafés voisins, Des magasins.

Mansardes par centaines, Et maisons incertaines Gardant les Adonis Des fleurs de lis.

Les bassins ou les cygnes Nagent en longues lignes Sont frôlés des menteurs Agioteurs.

Patients ils attendent Quelque naïf et tendent En bonnets de renard Leur traquenard ;

Tandis que maint clubiste Pour pérorer insiste Dans le cirque où prêchait L'abbé Fauchet.

Provinciaux novices, Garde à vous ! tous les vices Dont l'essaim fol s'ébat Tiennent sabbat.

Le Jeu, le Jeu vous bêle; Sa voix perçante et grêle

Parmi le bacchanal Jette un signal.

Chez la Saint-Amarante La ruine atterrante Entre les falbalas Et les galas,

Au brelan comme à l'hombre, Sur des joueurs sans nombre Aveuglés du combat Fond et s'abat.

Sous ces chaudes arcades Voyez par cavalcades Galoper nuit et jour Filles d'amour,

Ces filles harnachées, Pompeuses, panachées.

Parmi des ondoiments D'ajustements,

Faisant tout autour d'elles Tourbillonner dentelles Et gazes et linons, Lutins mignons,

Odorantes poupées Ou géantes drapées A d'exigeants larcins Offrant leurs seins.

Sous Tamplè toison blonde.

Si l'œil se dévergonde, •Leur pas est solennel D'orgueil charnel.

Car la débauche attire Tout un peuple satyre Qui sait pjir cœur les noms De ces Manons.

C'est Saint-Foix, c'est Lolotte, Huberti qu'on dorlote Et le rire enjoué De Dénoué.

Parmi le bacchanal Jette un signal.

Chez la Saint-Amarante La ruine atterrante Entre les falbalas Et les galas,

Au brelan comme à l'hombre, Sur des joueurs sans nombre Aveuglés du combat Fond et s*abat.

Sous ces chaudes arcades Voyez par cavalcades Galoper nuit et jour Filles d'amour,

Ces filles harnachées.

Pompeuses, panachées, J

Parmi des ondoiments D'ajustements,

Faisant tout autour d'elles Tourbillonner dentelles Et gazes et linons, Lutins mignons,

Odorantes poupées Ou géantes drapées A d'exigeants larcins Offrant leurs seins.

Sous l'ample toison blonde, Si l'œil se dévergonde, •Leur pas est solennel D'orgueil charnel.

Car la débauche attire Tout un peuple satyre Qui sait p^r cœur les noms De ces Manons.

C'est Saint-Foix, c'est Lolotte, Huberti qu'on dorlote Et le rire enjoué De Dénoué.

Parmi le bacchatial Jette un signal.

Chez la Saint-Amarante La ruine atterrante Entre les falbalas Et les galas,

Au brelan comme à l'hombre, Sur des joueurs sans nombre Aveuglés du combat Fond et s'abat.

Sous ces chaudes arcades Voyez par cavalcades Galoper nuit et jour Filles d'amour,

Ces filles harnachées, Pompeuses, panachées, j

Parmi des ondoiments D'ajustements,

Faisant tout autour déciles Tourbillonner dentelles Et gazes et linons, Lutins mignons,

Odorantes poupées Ou géantes drapées A d'exigeants larcins Offrant leurs seins.

Sous Tamplè toison blonde, Si l'œil se dévergonde, •Leur pas est solennel D'orgueil charnel.

Car la débauche attire Tout un peuple satyre Qui sait pjir cœur les noms De ces Manons.

C'est Saint-Foix, c'est Lolotte, Huberti qu'on dorlote Et le rire enjoué De Dénoué.

C'est Boston qui se dore, Fanchon et Théodore, Et, tendre à Gupido, La Rolando.

Vénus Pandémie, Maîtresse d'infamie, Tes troupeaux de Phrynés Sont déchaînés,

Et leur fureur se rue Sur Terrante cohue Et déclare aux passants L'assaut des sens. •

Dans ce vaste repaire Où le Jeu s^exaspère.

Où l'Impudeur bondit, Trois fois maudit.

Parfois vers le ciel trouble S'élance et se redouble

En un rapide essor Le son du cor,

Fanfare fugitive Qui pour rame captive Évoque en un moment L'enchantement

D'une verte clairière, Diane chaste et fière Et les plus frais matins Des bois lointains.

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