‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 37 sur 73 · A M. LOUIS ULBACH · texte numérisé non relu

A M. LOUIS ULBACH

Il moarat poorsaivant une haute aventure.

Philippe Desportes.

Le Camille railleur et guerrier dont le rire, Plus tranchant que le fer, décapite à moitié, Un soir qu'il se penchait sur Lucile, vit luire L'étoile des beaux yeux féminins, la pitié ;

Et se laissant guider par cet astre sincère, Cet astre sûr, il vit à son rayonnement Le poids renouvelé de la vieille misère Retomber sur la France impérieusement.

Les lourds âges d'airain, les durs âges de bronze Au siècle rajeuni, renouer leurs chaînons.

En des corps de tribuns l'âme de Louis Onze *Et des rois plébéiens ayant changé de noms ;

Sur la place funèbre au couchant empourprée La monotone horreur d'un sanglant tombereau.

Et dans l'ombre, sinistre engeance de Caprée, Les délateurs taillant la besogne au bourreau^

Partout des citoyens traqués comme des proies, La France en noir, les longs troupeaux des orphelins. Immobile au-dessua des baisers et des joies Une hache, voilà ce que fit Desmoulins.

Tout le bouillonnement des antiques colères En amertume immense afHua dans son sein.

Tant ses yeux retrouvaient les monstres sédentaires, Eprius dans Hébert et Lénas dans Ronsin.

Cet Hébert, ce Ronsin, des chiens de guillotine Léchant le sang français ù la ùce du ciel, Avec le fer brûlant des vengeances latines Camille les marqua d'un stigmate étemel.

Sainte Ironie ! ainsi le jeune homme superbe, Incamiint à la fois Tacite et Juyénal, Sans ciainte des serpents qui frémissaient sous l'herbe. Se dressa Gèrement seul, armé d'un journal,

Ecœuré d'échafauds, saturé de victimes, Et lassé du supplice atroce et familier, Il sentit la Terreur qui creusait des abîmes, Lui le vieux Jacobin, lui le vieux Gordelier ;

Et comme pour son rêve ingénument classique La République au front sublime n'était pas L'idole aux dents de fer dont trembla le Mexique, Sur des tas d'ossements déesse du trépas,

Mais une mère aimante à ses enfants facile, Une Gybèle ouvrant ses bras compatissants.

Ayant même pour ceux que sa rigueur exile Les faiblesses du cœur et la bonté des sens ;

Desmoulins, assumant une noble démence.

Le premier fit vibrer l'écho terrifié, L'écho retentissant du mot divin : « Clémence ! » La France tressaillit de ce mot oublié.

Aux Girondins martyrs hommage expiatoire !

Frère de ces héros, tu partageas leur sort,

Gamille, et tu tombas comme eux avec la gloire

De mourir pour avoir voulu tuer la Mort.

Sur la place funèbre au couchant empourprée La monotone horreur d'un sanglant tombereau, Et dans Tombre, sinistre engeance de Gaprée, Les délateurs taillant la besogne au bourreau^

Partout des citoyens traqués comme des proies, La France en noir, les longs troupeaux des orphelins, Immobile au-dessus des baisers et des joies Une hache, voilà ce que vit Desmoulins.

Tout le bouillonnement des antiques colères En amertume immense afflua dans son sein. Tant ses yeux retrouvaient les monstres sédentaires, Eprius dans Hébert et Lénas dans Ronsin.

Cet Hébert, ce Ronsin, des chiens de guillotine Léchant le sang français à la face du ciel.

Avec le fer brûlant des vengeances latines Camille les marqua d'un stigmate éternel.

Sainte Ironie ! ainsi le jeune homme superbe, Incarnant à la fois Tacite et Juyénal, Sans crainte des serpents qui frémissaient sous Therbe, Se dressa ûèrement seul, armé d'un journal,

Ecœuré d'échafauds, saturé de victimes, Et lassé du supplice atroce et familier, Il sentit la Terreur qui creusait des abîmes. Lui le vieux Jacobin, lui le vieux Gordelier ;

Et comme pour son rêve ingénument classique La République au front sublime n'était pas L'idole aux dents de fer dont trembla le Mexique, Sur des tas d'ossements déesse du trépas.

Mais une mère aimante à ses enfants facile, Une Gybèle ouvrant ses bras compatissants.

Ayant même pour ceux que sa rigueur exile Les faiblesses du cœur et la bonté des sens ;

Desmoulins, assumant une noble démence.

Le premier fit vibrer l'écho terrifié, L'écho retentissant du mot divin : « Clémence ! » La France tressaillit de ce mot oublié.

Aux Girondins martyrs hommage expiatoire !

Frère de ces héros, tu partageas leur sort, Camille, et tu tombas comme eux avec la gloire De mourir pour avoir voulu tuer la Mort.

DANTON A GAPOUE

A FRANCIS CHARMES

Vous ne serei jamais Ttinea par k vertu de Tos cnoemis. Usez de la vôtre.

H'AvBiavi»

Près de ta jeune femme étourdiment heureux, Tout émerveillé comme un enfant amoureux,

Ivre de la brise qui joue, Charmé d'un rien qui chante ou qui vole, indécis, grand cœur de Danton, sous les saules d'Arcis,

Aurais-tu trouvé ta Capoue?

Aurais-tu donc, ô toi le fds d'élection Qu'en naissant adopta la Révolution,

Toi l'indomptable et l'énergique.

Senti, comme une lente et mortelle torpeur, S'étendre sur tes sens bercés par la stupeur

L'allanguissement léthargique ?

DANTON* A OAPODB. 255

Il fait si bon d'aller a« loiiii comme à.vingt anSj De refaire à sa \ie un agn^este piiatemps,

D'errer à travers la- rosée;. i . . .

Près la meule odorante il est doux de s'asseoir, Plus doux de contempler les blancs troupeaux le soir

Près d'une nouvelle épousée.

C'est bien, Danton, poursUiK ton rêVe idalien;* • Donne cette saison d'amour virgilien

A tes tendresses ffissonnfantes^* " '

Tandis que tu te perds en ce roucoulement, La mitraillade en feu sévit impunément ;

La noyade dépetiple Nantes.

Sous les hideux couteaux qu'ils ont rendus sacrés,' Les Girondins sont morts et tu lés as pleures ;

Puis dans le regret tu t'obstines ; De la France assiégée ainsi que Jéricho Partout se prolongeant jusqu'à toi vient l'écho

Sinistre et sourd des guillotines.

Et tu dors, ô Danton ! Où sont tes grands projets 1 Ces jours récents, ces jours meilleurs, où tu songeais A l'œuvre d'un amour immense ?

DANTON A GAPOUE

A FRANCIS CHARMES

Vous ne serez jamais Teineo par k vertu de Tos ennemis. Usez de la TÔtre.

D'AUBIGRÉ.

Près de ta jeune femme étourdiment heureux, Tout émerveillé comme un enfant amoureux,

Ivre de la brise qui joue, Charmé d'un rien qui chante ou qui vole, indécis, grand cœur de Danton, sous les saules d'Arcis,

Aurais-tu trouvé ta Capoue?

Aurais-tu donc, ô toi le fils d'élection Qu'en naissant adopta la Révolution,

Toi l'indomptable et l'énergique.

Senti, comme une lente et mortelle torpeur, S'étendre sur tes sens bercés par la stupeur

Uallanguissement léthai^ique ?

DANTON* A OAPOUÏT. 355

Il fait si bon d'aller au loiiij comme à vingt ans^

De refaire à sa \ie un afireste p^rinlemps, . ^

D'errer à travers la rosée;. ...

Près la meule odorante il est doux de s'asseoir, Plus doux de contempler les blancs troupeaux le soir

Près d'une nouvelle épousée.

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C'est bien, Danton, paarsuis ton rêVe idalien;" *

Donne celte saison d'amour virgilien

A tes tendresses fttssonrfantès* ' Tandis que tu te perds en ce roucoulement, La mitraillade en feu sévit impunément ;

La noyade dépetiple Nantes.

Sous les hideux couteaux qu'ils ont rendus sacrés. Les Girondins sont morts et tu !és as pleures ;

Puis dans le regret tuf obstines ; De la France assiégée ainsi que Jéricho Partout se prolongeant jusqu'à toi vient l'écho

Sinistre et sourd des guillotines.

Et tu dors, ô Danton ! Où sont tes grands projets 1 Ces jours récents, ces jours meilleurs, où tu songeais A l'œuvre d'un amour immense ?

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