‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 38 sur 73 · DANTON A CAPOUE · texte numérisé non relu

DANTON A CAPOUE

\ A FRANCIS CHARMES

Vous ne serez jamais Tûneo par k Terlu de Tos ennemis. Usez de la TÔlre.

D'AdbignS.

Près de ta jeune femme étourdiment heureux, Tout émerveillé comme un enfant amoureux,

Ivre de la brise qui joue.

Charmé d'un rien qui chante ou qui vole, indécis, grand cœur de Danton, sous les saules d'Arcis,

Aurais-tu trouvé ta Capoue?

Aurais-tu donc, ô toi le fils d'élection Qu'en naissant adopta la Révolution,

Toi l'indomptable et l'énergique, Senti, comme une lente et mortelle torpeur.

S'étendre sur tes sens bercés par la stupeur

L'allanguissement léthargique ?

DANTON* A OAPOUE» 255

Il fait si bon d'aller au loin^ comme à.vîngt ans^ De refaire à sa vie un afjreste printemps,

D'errer à travers la rosée;. ....

Près la meule odorante il est doux de s'asseoir, Plus doux de contempler les blancs troupeaux le soir

Près d'une nouvelle épousée.

C'est bien, Danton, poursuis ton rêVe idalien;* * Donne cette saison d'amour virgilien • "■■ '

A tes tendresses ffissonrfantès;

Tandis que tu te perds en ce roikcoulement, La mitraillade en feu sévit impunément ;

La noyade dépetiple Nantes.

Sous les hideux couteaux qu'ils ont rendus sacrés. Les Girondins sont morts et tu !ès as pleures ;

Puis dans le regret tu t'obstines ; De la France assiégée ainsi que Jéricho Partout se prolongeant jusqu'à toi vient l'écho

Sinistre et sourd des guillotines.

Et tu dors, ô Danton ! Où sont tes grands projets 1 Ces jours récents, ces jours meilleurs, où tu songeais A l'œuvre d'un amour immense ?

Page 1