‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 59 sur 73 · LE SA.NG DK DANTON · texte numérisé non relu

LE SA.NG DK DANTON

Robespierre isolé, convulsif, aux abois, Se débattait les yeux hagards, presque sans voix. Lorsque, tel qu'un serpent tapi sous une touffe. Un Montagnard soudain s' élançant lui dit : « Vois Le sang de Danton qui t'élouffe. »

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« Mort au tyran! à bas le tyran! » Cette voix

Prodigieuse et sépulcrale Sur tous les bancs éclate et fulmine à la fois :

Le vaincu balbutie et râle.

Il prie en vain la Droite et se suspend aux seins

De l'espérance malévolei n s'écrie éperdu : « Président d'assassins,

Je te demande la parole I n

La sonnette inflexible étouffe encor tes sons,

Rhétorique à l'agonie.

Et Robespierre écoute avec d'affreux frissons

Ce long glas de sa tyrannie.

Quand Maximilien, en habit bleu de ciel, Débita sa harangue interminable et fausse Qui vaguement poussait des hommes vers la ïec un ton poli, doucereux et cruel,

Il eut beau prodiguer tout son sucre et son miel, Et rajuster sa phrase ainsi qu'un haut de chausse Pour désarmer Gambon que le Devoir rehausse, Mais qu'il avait rapide éclaboussé de fiel.

Le rude citoyen d'un seul bond électrique Surgit, et sa parole, à Tinstar d'une trique, Tomba sur Robespierre et lui cassa les os,

Et le fit repentir de sa lâche escapade, En infligeant sur place au tueur de héros Le supplice qui sied aux fourbes, l'estrapade!

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