‹ Poèmes de la Révolution, 1789-1796Chapitre 61 sur 73 · A ALFRED RAMBAUD · texte numérisé non relu

A ALFRED RAMBAUD

Ce deaz septembre reDOuvelé tons les jours par des jeanes gens qui sortaient d'un bal et se faisaient attendre dans on boudoir.

C BIBLES NODIBB.

Ce sont des modérés, de dignes jeunes gens ; Il flattent de la main leurs jabots engageants

Et font valoir leurs bas de soie ; Tout est meneille, tout est délices, tout.

Leurs habits en droguet tourterelle, et surtout

Leur art de se tenir en joie.

Lyon entier honore et fête leurs plaisirs Ingénieux, Taimable emploi de leurs loisirs,

Et des bourgeoises accomplies.

Avec ce long soupir précurseur du baiser, Disent : « ces jeunes gens, qu'il savent s'amuser

Et comme ils font bien les folies ! »

GAITES LYONNAISES. 821

C'est le soir, au sortir des cafés, que vraiment Ils ont des jeux mêlés de verve et d'enjouement.

Quant ils se mettent en campagne, Chemin faisant couchant sur les pavés rougis Quelque Jacobin mort, jusqu'au discret logis

Où pétillera le Champagne.

Parfois, quittant un bal en pleine pâmoison, C'est leur caprice encor d'envahir la prison,

Et, pour varier les quadrilles, D'aller, les violons en tête, massacrer Tous ces républicains sans armes, éventrer

Ces gueux, même aux yeux de leurs filles.

Si les filles en pleurs sur les corps expirants Se jettent, réclamant aux tueurs leurs parents,

Tout beau, petites insolentes 1 Nos braves muscadins, fouettant à tour de bras Votre deuil filial, feront sur vos appas

Maintes gorges-chaudes galantes,

Puis de retour, parmi les femmes et les fleurs. Ils se pavaneront, pimpants et persifleurs ; Ils plairont aux dames âgées,

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