‹ Poèmes de ParisChapitre 52 sur 66 · SL'R LES PONTS · texte numérisé non relu

SL'R LES PONTS

Avec le va-et-vient de la batellerie, Le fleuve, selon l'heure et le moment, varie. Les Mouches^ en sifflant, n'avaient pas pris l'essor, Et les noirs remorqueurs ne fumaient pas encor. Seulement, au courant de la rivière vide, Un chaland que gouverne un marinier solide. Et qu'on pousse du lourd aviron à deux mains ; Un train de bois flottant au gré des verts chemins. Ou rien que le soleil sur l'eau lente et tranquille. C'était l'heure où le bruit s'éveille par la Ville, Où grince sur le port la pelle de charbon, Où des hommes hâlés, quand le soleil est bon, N'ont que le pantalon de toile et la chemise. On lisait : Arion, Tibre, Seine-et-Tamise Aux poupes des bateaux, sur le bordage clair ; Et l'eau coulait limpide et fraîche comme l'air.

J'ai quelquefois songé qu'en été rien n'égale La fraîcheur du matin ni l'odeur fluviale ; Et ce n'est pas pour être épars autour de nous due l'effluve en serait sans mérite ou moins doux. Certe on peut aimer mieux l'odeur des mers superbes Mais, pour avoir mouillé les plantes et les herbes, Les fleurs des nénuphars mêlés aux joncs penchants, Cette eau porte à la ville un souvenir des champs.

io8 AU JARDIN d'acclimatation

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