‹ Poèmes de ParisChapitre 53 sur 66 · A HENRI WELSCHINGER · texte numérisé non relu

A HENRI WELSCHINGER

Sur un ton grave, mat et sec Les cigognes claquent du bec ; Paroles indéterminées !

Elles paraissent par moment De leur œil fixe vaguement Chercher les hautes cheminées,

Les toits dentés en escaliers, Se dressant, bons et familiers, Et d'une laideur sans vergogne.

Là-bas où le gîte est permis, Sur la maison de leurs amis, Maison aussi de la cigogne ;

AU JARDIN D 'a C C L I M A T A T 1 O N 1 09

Et dans un fantôme de vol, Elles sautent tout près du sol, Les ailes lourdes et cassées :

Ou bien, sans entendre et sans voir, Sur une patte jusqu'au soir, Elles méditent des pensées.

Hélas ! on n'acclimate ainsi Rien que la peine et le souci ; C'est l'espace qu'il faut aux ailes !

O prévoyance, ô cruauté, Qui tiens ici, loin de l'été, Les cigognes et les gazelles.

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