AU LOUVRE
Les blondes nudités sereines qui se lèvent
Aux murs, de la Tribune, et dont les âges rêvent,
Sont ici. Giorgione à son Concert divin,
Splendeur auprès de qui tout lutterait en vain,
Éveille le Corrège idéal et si tendre
Qu'il faudrait être aussi Chénier pour le comprendre ;
Vinci prodigieux, Véronèse pareil
A quelque héros, fils fabuleux du soleil,
Titien pour qui Vénus posait royale et nue,
Les Primitifs charmants dans leur force ingénue,
Mantegna, Beliini qu'on ne peut oublier,
Fiesole dont les Saints conseillent de prier,
Tous ces Italiens, humbles ou magnifiques,
Rayonnent, pur honneur des vieilles Républiques,
Et loin du pays d'or, sous un ciel hasardeux,
Notre extase leur rend un culte diçne d'eux.