‹ Poèmes de ProvenceChapitre 101 sur 103 · III. MM 1T ri ANACtlEON · texte numérisé non relu

III. MM 1T ri ANACtlEON

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Bienheureuse cigale ! - au Iront dos bnis posée, Contente d'un peu de rosée,

Tu chantes comme un roi !

Tout ce que voient les veux, les chênes et la mousse, Aux champs, aux bois, tout ce qui pousse, cigale, est à toi !

Étant inoflensive, on t'aime; et l'on t'honore. Parce que la lyre sonore Nous annonce l'été.

La Muse te chérit; et l'hoibos aussi l'aime; El c'est par sa volonté même (lue ta voix a chanté.

Toi, tu ne connais rien de la vieillesse austère; Tu sais, sage enfant de ia terre, Des chants mélodieux.

Tu n'as ni chair ni sang ; la douleur, lu l'ignores, El lu vis les quelques aurores

Presque semblable aux dieux!

LES CIGALES

J'ai suivi du regard le vol d'une hirondelle,

Et, très haut dans l'azur, chaque battement d'aile.

Que je n'entendais pas, figurait à mes yeux

Les signes longs ou brefs d'un rythme harmonieux;

Après des coups presse's comme des cris de joie,

Le vol s'apaise, l'aile entière se déploie

Immobile, et bientôt l'andante grave suit

L'allégro palpitant qui faisait plus de bruit.

L'insecte d'or aimé de Platon, la cigale, Varie ainsi le vol de sa strophe inégale; Sa voix vibrante monte, et puis, subitement, Dans une même note elle plane un moment.

Quoi qu'ait dit Evenus de Paros, l'hirondelle Vagabonde, à chacun de ses foyers fidèle, Ne t'assaillit jamais, ô cigale. Les dieux Rythment son vol sur tes accents mélodieux.

Et vous l'ont toutes deux filles de la lumière; L'hirondelle, du vol infini coutumière, Sait que vous êtes sœurs et respecte ton chant. C'est le moineau goulu, criailleur et méchant, Qui de ton corps, chef-d'œuvre exquis, fait sa pâture Car c'est la vieille loi dans la vieille nature Qu'aveugle et sourd, le ventre à l'esprit soit fatal. Donc le moineau barbare a droit d'être brutal, Mais que t'importe à toi le bec qui tè dévore, Pourvu qu'en expirant ta douleur chanle encore!

mm

LES CIGALES

Bien d'autres avant moi firent ce simple vœu :

Sous le ciel de Provence éternellement bleu,

De mourir en été, les fenêtres ouvertes,

Tandis qu'aux alentours, au bout des branches vertes

Que le soleil couchant transperce d'un trait d'or,

Les cigales en chœur répéteront encor

Leur chant rythmé pareil, dans l'ombre solennelle,

Aux palpitations de la vie éternelle.

EXEGI JIO.NUMLWITM.

Les cigales mont dit : « Tu nous chantes, c'est bien. Le léger galoubet auprès de nous n'est rien, Ni le gai tambourin, cet amoureux qui tremble; Et tous les deux mêlant leurs musiques ensemble Ne valent pas l'insecte au soleil résonnant.

Des choses changeront qui plaisent maintenant, Et tes vers passeront aussi qui parlent d'elles; Mais nous, poète ami, nous sommes immortelles, Et ton chant fait pour nous, à notre chant pareil. Doit vivre aussi longtemps que nous et le soleil. »

PIERRE PUGET

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