‹ Poèmes de ProvenceChapitre 15 sur 103 · ARLES · texte numérisé non relu

ARLES

Arles, tes Aliscamps sont pleins d'éclats de rire ; C'est là que les amants aujourd'hui vont se dire

L'éternité de leurs amours :

Les sarcophages creux, aux deux bords de la route, Sont leurs bancs familiers, et la Mort les écoute

Quand ils disent ce mot : Toujours!

Oh! qui d'eux ou de vous, tombeaux de pierre creuse, Qui dit vrai? Les amants ont la jeunesse heureuse,

Vous le néant du souvenir; Mais chaque Avril vieillit les amants; vous, les tombes, Pleines de mousse humide où boivent les colombes,

Chaque Avril vous fait rajeunir.

temples écroulés, la joyeuse lumière Sur vos portiques noirs joue à travers le lierre, Et vous fait paraître vivants.

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