ARLES
Arles, tes Aliscamps sont pleins d'éclats de rire ; C'est là que les amants aujourd'hui vont se dire
L'éternité de leurs amours :
Les sarcophages creux, aux deux bords de la route, Sont leurs bancs familiers, et la Mort les écoute
Quand ils disent ce mot : Toujours!
Oh! qui d'eux ou de vous, tombeaux de pierre creuse, Qui dit vrai? Les amants ont la jeunesse heureuse,
Vous le néant du souvenir; Mais chaque Avril vieillit les amants; vous, les tombes, Pleines de mousse humide où boivent les colombes,
Chaque Avril vous fait rajeunir.
temples écroulés, la joyeuse lumière Sur vos portiques noirs joue à travers le lierre, Et vous fait paraître vivants.