LE MAI. DU PAYS
Pourtant les bois sont beaux où l'on allait courir. Mais est-ce la beauté que, si petit, l'on aime? Et je me repliais, frissonnant, sur moi-même Comme un oiseau blessé se bloltil pour mourir.
Voulant m'ôler du cœur la Provence lointaine. Des mères par pitié m'embrassaient quelquefois; Leur baiser m'était doux, mais j'entendais leur voix Quel aecenl étranger m'eùl guéri de ma peine?
(1 seuils hospitaliers, merci!... je me souviens! Je vis alors Saint-Point (où la Muse en deuil pleure) ; J'entendis, essuyant mes larmes pour une heure, Lamartine indulgent me parler de ses chitns.
Mais ni le châtelain, dont je savais la gloire, Ni les dames m'olfrant les gâteaux et le miel, Ni tant d'amis nouveaux n'effacèrent Ion ciel, Provence, de mon coeur tout plein de ta mémoire.
Le soleil n'avait pas de ces rayons joyeux Qui semblent souhaiter à Ions la bienvenue:
Je vis qu'assombrissant leur ligure inconnue Les choses m'accueillaient avec de mauvais veux;
POÈMES DE PBOVENCE
Oui, là, je me sentais indifférent aux choses Car elles ont des yeux qui s'animent parfois; Et c'est ce qui fait peur aux enfants dans les bois Ils devinent dans tout des paupières e'closes.
Chez nous, je ?io craignais ni le roc endormi. Ni l'antre plein d'échos, ni la falaise amère; La terre, m'aerueillant comme une bonne mère, Disait aux bois émus : C'est le petit ami!
La nature m'aimait là-bas, m'ayanl vu naître,
Car les faibles sont siens des nids jusqu'aux berceaux.
Elle me supportait comme un de ses oiseaux;
Mais la nature ici ne pouvait me connaître.
Et même à la cité, toits aigus des maisons, Pavé sombre et murs noirs, rien n'avait de tendresse. Je tournais mes regards vers le midi sans cesse, Mais la pluie à longs traits barrait les horizons.
Oh! pensais-je, palmiers, aloès, plantes grasses! Quand vous verrai-je encor, doux hiver, âpre élé, Murs tout blancs de poussière ardente et de clarté, Et vous, toits du pays faits comme des terrasses?
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