‹ Poèmes de ProvenceChapitre 48 sur 103 · LA MAYE D AVRIL · texte numérisé non relu

LA MAYE D AVRIL

Oui, j'avais tort, enfant; j'oubliais, ma mignonne, Que ton âge est toujours le mai le plus riant. Ton beau voile de Ueine au vent du Nord frissonne, Mais tes grands yeux sont pleins d'un azur d'Orient.

La gelée a brûlé la « bourre » de nos vignes ;

Le meilleur a péri du blé qui fut semé;

Mais malheur à celui qui, troublé par ces signes,

Pourrait voir tes yeux purs sans croire au mois de mai.

Qu'importe qu'avril gèle et que le vent se plaigne? On songe aux pleurs de l'aube en regardant tes pleurs. Et l'Espe'rance en toi sourit au monde et règne, Enfance au voile blanc, Heine au sceptre de Heurs!

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