LES MAGNANARELLES
Paris (>ii juin. L'été débute par In pluie.
Et, rouvrant ma croisée à l'aube, je m'ennuie De voir le ciel toujours brouillé comme en hiver. Sous mes yeux assoupis rien de bleu ni de vert : C'est la rue et la fange, au mois qui fait les roses ! Lys vitres des maisons et les portes sont closes ; Paris blafard sommeille, ayant vécu la nuit.
Mais une porte bat : je me penche à ce bruit. Et je vois s'en aller dans cette infâme boue Une femme ; un rayon d'aube blêmit sa joue.
D'où vient-elle? où va-t-elle ainsi dans le matin? Elle traîne déjà ses jupes de satin, Car c'est une livrée, et la fille de joie Doit subir sa misère en falbalas de soie.
Je songe : Que fait-on à cette heure, là-bas, Au pays? A coup sûr du moins il n'y pleut pas.