‹ Poèmes de ProvenceChapitre 54 sur 103 · LA GRAND ROUTE · texte numérisé non relu

LA GRAND ROUTE

A midi, la grand'route, éclatante, flamboie

Sous l'éclat des rayons que sa blancheur renvoie,

Et, miroir aveuglant, force à clore les yeux.

Tous les jours, sous le feu qui ruisselle des cieux,

Mémo à midi, l'on voit cheminer sur ces routes

Le facteur du canton suant à grosses gouttes,

Un mouchoir blanc flottant sous son chapeau qui luit,

Ayant boite en sautoir, canne, et derrière lui

Son chien qui, le nez bas, soufflant, serrant la queue,

S'arrête quelquefois sous l'ombre rare et bleue

Des pâles oliviers alignés sur le bord,

Que la poussière au gré du vent pâlit encor.

Il voit d'un œil mi-clos, rangés en droites lignes,

Les oliviers au loin s'étendre dans les vignes,

Et le long des fossés, des murs blancs où parfois

S'ouvre un portail poudreux à la grille de bois,

Ayant des deux côtés deux supports que surmonte

Un aloès jauni dans son vase de fonte.

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