‹ Poèmes de ProvenceChapitre 69 sur 103 · LE BAIN · texte numérisé non relu

LE BAIN

Parmi la saine odeur de lavande et de thym, Sur les bords de la mer jo marchais un matin, Heureux d'un chant d'oiseau limpide comme l'onde. De l'eau que le soleil émergeant luisait blonde, Des suaves fraîcheurs éparses sous l'azur Kl de la transparence exquise de l'air pur Oui laissait, robe fine à la gaze pareille, Voir la virginité de l'aurore vermeille.

Celle dont je rêvais parfois, sans trouble encor. Le risage encadré de ses beaux cheveux d'or, Vint par là, comme on fait en mon pays sauvage, Sans aucun autre abri que les rocs du rivage, Quitter ses vêtements pour le bain calme et frais ; Elle ne me vit pas, bien que je fusse près; Ses compagnes, plus loin, chantaient, riaient entre elles : Je ne regardai pas si (^autres étaient belles,

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Car, les bras déjà nus, avec un vague émoi, La blonde enfant chantantJebout^tout près de moi, Retenant d'une main sa chemise plissée, Cherchait un vêtement, puis, tout embarrassée De ne pouvoir l'atteindre aux tiges d'un buisson Sur sa lèvre entr'ouverte oubliait sa chanson.

Et je ne sais alors quelle suave brise Souffla pour me montrer sa nudité surprise :

Un dieu sans doute, lîros ou Pan lui-même, prit Les doigts blancs de l'enfant distraite et les ouvrit. La chemise à grands plis coula sur sa peau blanche, Ralentie en sa chute au contour de la hanche, Et, chaste, se couvrant parfois de ses deux bras, Cherchant le blanc peignoir et ne le trouvant pas, ' premier souvenir d'une extase inconnue!

La vierge, sous mes yeux un moment resta nue.

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