‹ Poèmes de ProvenceChapitre 75 sur 103 · L'AIRE · texte numérisé non relu

L'AIRE

Sur l'aire, dont on a brûlé l'herbe et les mousses

Qui poussèrent, tout l'an, entre les briques rousses,

Et dont un parapet décrépit fait le tour,

Dès juillet, sous l'azur torride d'un beau jour,

On étale l'amas des gerbes déliées,

Et les pailles au loin brillent ensoleillées,

S'enchevêtrant, croisant leurs mille barbes d'or,

Si bien qu'on croirait voir luire, vierges encor,

Au seuil de l'Orient entassés pêle-mêle,

Des traits de feu tout prêts pour l'aurore nouvelle.

trésor des moissons mûres ! vivant trésor !

chaleur de la vie ! éclat des blés ! seul or Que le paysan voie, et qu'il touche à son aise! Pain que le bon soleil prépare à sa fournaise !

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