L AME DU BLE
Et quand sur l'aire on voit, du soleil dans les crins,
Les chevaux pie'tiner l'épi gonflé de grains,
La cigale confie, avant que de se taire,
Blé vivant, sa semence immortelle à la terre.
Près de l'aire parfois un tas de gerbes d'or Sous les souffles errants frissonne et parle eneor, Mais déjà l'on n'entend qu'à de longs intervalles L'hymne d'été, le bruit des blés et des cigales ; Et quand la paille est vide et qu'un vent assoupi Chasse en fins tourbillons les restes de l'épi, Quand gisent les blés morts au fond des granges pleines, La cigale aussi meurt... jusqu'aux moissons prochaines.