‹ Poèmes décadents, 1883-1895Chapitre 8 sur 32 · SPHINX · texte numérisé non relu

SPHINX

Pourquoi donc tes grands yeux radieux, où s'affine L'azur, s'ennuitent-ils d'un remords du passé Et ne mirent-ils plus le délice oppressé De nos deux cœurs battant un parmi l'aigrefine

Horreur des ambiants débats ? Crois ou devine Et recorde — veux-tu — que si te trahissait La terre bonne au fond, c'est, ô rêve offensé, Que tu ne la compris selon sa loi divine.

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Ton âme, cette mer d'hystériques candeurs Emue au moindre vent jusqu'en ses profondeurs, Ravale les lichens qu'elle vomit aux grèves.

Son flux a des santés lumineuses de ciel, Mais son reflux éplore en des ténèbres brèves La rancœur d'un sang glauque et pestilentiel.

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