LA VOUTE
Si tu pleures, là-bas, dans le flot des clameurs Dont la clarté s'irise aux ombres de ma cage ! Sur mon seul souvenir choient-ils, tes pleurs calmeurs, Blancs remords d'un péché que l'exil noir saccage ?
Si tu ris, oublieuse un peu trop du présent
Où geint celui qui toi fut mieux que ton toi-même !
L'émail de ta denture est-il aussi luisant
Qu'aux jours où tu riais ce triomphant « il m'aime » ?
56 La Voûte
Si tu chantes ! G'est-il cette chanson d'été Dont, un soir d'abandon, je ciselai l'extase ; Où, nostalgique au loin de ton impureté, Se crispe mon délire au rythme de la phrase ?
Si tu marches ! Ton sein surveille-t-il mon cœur Danser mesurément une polka de joie ?
Lorsque ta jupe s'enfle, un vaste pli vainqueur Précède-t-il mon pas, dans son rêve de soie?
Si tu te couches, lasse! En entr'ouvrant les draps, Frissonnante vois -tu, vers tes nudités mates, Bâiller l'étau d'amour résolu de mes bras, Dont elles garderont l'azur des bons stigmates ?
Si tu dors ! Songes-tu que mes baisers sont là, Multipliés toujours autant que mes caresses? Leur réponds-tu, bondi, ton strident « ôhola ! » Pour après t'alanguir en de chaudes paresses ?
La Voûte 57
p qui donc, pitoyant ma hantise de toi, Sorcière dont la lèvre épanche des toxiques D'habitude, qui donc écroulera le toit Où mon esprit s'enrage à tes laideurs magiques ?
0 qui donc, pitoyant mon vouloir submergé Par ton philtre gluant de voluptés infâmes, Qui donc, ami pieux ou puissant étranger, Dispersera mon igné aux quatre vents des femmes?
Si tu travailles, seule, au sortir du sommeil ! Quand l'aiguille a piqué ta chair qui s'ensanglante, M'appelle-t-il, le cri de cet émoi vermeil, Pour que je suce avec bonheur la goutte lente?
.5cV La Voûte
Si, soudain, s'est fixé ton œil, sinistrement l
— Immobile et réfrigérée en ta statue,
Vois, mais vois donc l'horreur de ta pensée où ment
La vision de moi s'expirant, qui te tue.