Du fleuve
BORIS GODOUNOFF. 83
pour voir tes clairs yeux de tzar et pour te faire le salut de toutes leurs têtes.
DMITRI
Je connais les Cosaques du Don; jamais je n’ai douté que je verrais leurs drapeaux dans mes rangs. Nous remercions notre armée du Don. Il nous est connu que maintenant les Cosaques sont injustement persécutés; mais si Dieu nous aide à monter sur le trône de nos pères, notre protection rendra ses anciens droits ■à notre Don fidèle et libre.
un poète. II s'approche, salue tris-bas, et touche le pan du manteau de D mi tri.
O grand prince ! illustrissime fils de roi 1
DMITRI
Que désires-tu?
le poète lui présentant un rouleau de papier. Accepte gracieusement ce pauvre fruit du travail d’un cœur dévoué.
DMITRI
Quoi ! des vers latins !» Cent fois sacrée est l’alliance de l’épée et de la lyre; le même laurier les enveloppe aipicalement. Je suis
né sous le ciel de minuit 1 ; mais la voix • de la muse latine ne m’est pas inconnue, et j’aime les fleurs du Parnasse. (Il se met à lire.)
kroustchoff bas à Pouchkine .
Qui est celui-là?
GABRIEL POUCHKINE
Un poète.
KROUSTCHOFF.
Quel est cet emploi?
GABRIEL POUCHKINE
Comment te le dire en russe? Un arrangeur* de mots, un baladin.
DMITRI
Très-beaux vers! Je crois aux prophéties des poètes. Non, ce n’est pas en vain que l’en- / thoüsiasme bouillonne dans leur poitrine. Bénie est l’entreprise qu’ils ont célébrée d’avance. Apprçehe, ami. En souvenir de moi, accepte ce don. (Il lui donne une bague.) Quand l’ordre du destin s’accomplira, quand je ceindrai la couronne de mes ancêtres, j’es-