ROL'SIA
Je ne dis pas non, moi. Mais savez-vous ce qu’on dit de lui dans le peuple? Que c’est un simple sous-diacre, échappé de Moscou.
MARINA
Quelle folie !
ROUSIA.
Oh ! je n’en crois pas un mot. Je dis seule-
BORIS GODOUNOFF.
ment qu’il doit bénir son sort, puisque votre cœur l’a préféré.
une servante qui entre en courant.
Tous les convives sont réunis.
MARINA
Vois-tu, tu ne penses qu’à babiller, et je ne suis pas encore habillée. .
ROUSIA.
A l’instant, c’est fini. ( Les femmes s'empressent autour de Marina .)
marina à part.
Il faut que je sache à quoi m’en tenir.
(En rere.)
Une suite d’appartements éclairés. — De la musique.
VICHNÉVETSKI, MNICHEK et convives.
MNICHEK à VICHNÉVÈTSKI.
Il ne parle qu’à Marina, il n’est occupé que de Marina. Eh, eh ! l’affaire tourne diablement à la noce. Aurais-tu jamais pensé, Viclmévetski, que ma fille deviendrait une tzarine?
VICHNÉVETSKI.
Oui, c’est miraculeux. Mais aurais-tu pensé, Mnichek, que mon valet de chambre irait s’asseoir sur le trône de Moscovie ?
MNICnEK.
Que penses-tu de ma Marina ?... Il m’a suffi de lui dire : « Tiens toi bien, ne laisse pas échapper Dmitri ; » et le voilà dans ses filets. ( Laviu -
BORIS GODOUNOFF. ' 91
si que joue une polonaise. — Dmitri passe avec Marina, formant le premier couple des danseurs .) marina à voix basse.
Oui, demain soir, à onze heures, je serai près du jet d’eau, dans l’allée des tilleuls. ( Ils passent. — Entre un autre couple.)
LE DANSEUR
Qu’est-ce donc qui le séduit en elle ?
LA DAME
Comment ! c’est une beauté.
LE DANSEUR
Oui, une nymphe de marbre : la bouche sans sourire et les yeux sans vie. (Ils passent. — Un autre couple.)
LA DAME
Il n’est pas beau , mais son aspect est agréable. On reconnaît sur-le-champ le sang royal. ( Ils passent. — Un autre couple.)
LA DAME
Quand vous mettez-vous en campagne ?
LE DANSEUR
. Dès que le tzaréviteh l’ordonnera; nous sommes prêts; mais la Panna Mnichek nous retient ici prisonniers avec Dmitri.
- LA DAME
Agréable prison.
LE DANSEUR
Sans doute, si vous daigniez.... (Ils passent. — Les appartements deviennent vides.)
MNICHEK.
Nous autres vieillards, nous ne dansons plus aujourd’hui ; le tonnerre de la musique ne nous réveille plus. Nous ne serrons plus, nous ne baisons plus de belles mains. Ah ! je n’ai pas oublié les anciennes folies ; mais ce n’est plus comme autrefois : ni la jeunesse n’est si hardie, ni la beaute si accorte. Avoue-le, ami, tout s’est attristé , je ne sais comment. Laissons-les. Nous, camarade, faisons déterrer une bouteille séculaire et couverte de taousse de bon vin de Hongrie, et, assis dans un coin, tête à tête, dégustons son flot parfumé et épais comme l’huile. En même temps, nous deviserons de choses et d’autres. Allons, frère.
VICIINÉVETSKI.
Tu as raison, mon ami; allons. (Ils sortent .)
(En vers.)
La nuit. — ün jet d’eau dans un jardin.
DM1TRI Seul.
Voiei la place, c’est ici qu’elle viendra. — Je ne suis pas né timide; j’ai vu la mort de près, et mon âme n’a point fléchi devant la mort. Une éternelle réclusion m’a menacé; on m’a serré de près; mais mon esprit ne s’est point troublé, et j’ai échappé à force de hardiesse. Qu’est-ce qui oppresse à présent ma respiration? Que signifie ce frémissement que je ne puis réprimer? Serait-il la fièvre des désirs excités? Non, c’est la peur. Tout le jour je me suis préparé à cette secrète entrevue ; j’ai roulé dans ma tête tout ce que je dirais à Marina, comment je pourrais séduire son cœur
orgueilleux en la saluant tzarine de Moscou.
Mais l’heure est arrivée, et je ne me rappelle rien. Je ne retrouve plus les phrases étudiées. Serait-ce vraiment l’amour qui troublerait ainsi ma raison? Mais.... quelque chose vient de paraître.... Un bruit.... non, c’est la lumière trompeuse de la lune; c’est le vent qui s’est joué 1...
marina entrant soudain.
Tzarévitch !
DM (TRI. <
C’est elle. Tout mon sang s’est arrêté.
MARINA
Dmitri, est- ce vous?
DMITRI
O voix douce et magique! ( Il s'avance vers elle.) Est-ce toi enfin ? Toi que je vois seule avec moi, Sous l’otnbre de la nuit tranquille? Que le jour ennuyeux a passé lentement! Qu’il s’est lentement éteint 1 Que j’ai attendu longtemps dans les ténèbres 1
MARINA
L’heure fuit, le temps m’est précieux. Si je vous ai aècordé une entrevue ici, ce n’est pas
BORIS GODOUNOFF.
pour écouter les tendres discours d’un amant. Les paroles sont inutiles ; je crois que vous m’aimez. Mais écoutez-moi. Depuis que je me suis résolue à unir ma destinée à votre destinée incertaine et orageuse, j’ai le droit, Dmitri, d’exiger que vous me révéliez toutes les espérances secrètes de votre âme, vos projets et jusqu’à vos craintes, afin que je puisse entrer hardiment dans la vie, la main dans votre main, non pas avec l’aveugle docilité d’un enfant, non pas comme une esclave des désirs changeants d’un mari, comme une concubine silencieuse, mais en épouse digne de vous, en associée du tzar de Moscovie.
DMITRI
Oh ! permets, ne fût-ce que pour une heure, que j’oublie les soucis et les dangers de ma destinée. Oublie toi-même que tu es devant un tzarévitch. Marina, vois en moi l’amant que tu as choisi, qui est heureux d’un seul de tes regards. Oh ! écoute les supplications de l’amour ; laisse-moi te dire ce qui remplit mon cœur.
MARINA
Ce n’est pas le temps, prince. Vous hésitez,
et cependant le zèle de vos partisans se refroidit. D’heure en heure les dahgers deviennent plus dangereux et les difficultés plus difficiles. Déj£ circulent des bruits vagues; une autre nouveauté pourrait remplacer celle-ci, et Godounoff prend ses mesures.
DMITRI
Que me fait Godounoff? Ton amour, mon seul bien , est-il au pouvoir de Godounoff?
Non, non. Maintenant je regarde avec indifférence et son trône et la puissance des tzars. Ton amour..,, à quoi bon la vie sans lui, et l’éclat de la gloire, et tout l’empire russe? Dans une steppe déserte, dans une misérable hutte, tu me remplaceras la couronne. Ton amour....
MARINA
Rougis de ces paroles. Tu oublies ta haute, ta sainte vocation. Ton rang te doit être plus cher que toutes les joies, que toutes les séductions de la vie. Tu ne dois le mettre en balance avec rien au monde. Sache que ce n’est pas à un jeune homme ardent et follement épris de ma beauté, c’est à l’héritier du trône de Mos-
4à oog le
BORIS GODOUNOFF.
covie que j’accorde ma main, au tzarévitch qu’un miracle a sauvé. *
DMITRI
Ne me donne pas ce tourment, charmante Marina; ne me dis pas que ce n’est pas moi, mais mon rang que tu as choisi. Marina! ah !
ta ne sais pas combien tu me déchires ainsi le cœur. Comment! Si..., ô doute affreux! Dismoi : si l’aveugle destin ne m’avait pas donné du sang de tzar, si je n’étais pas le fils d’Ivan, si je n’étais pas cet adolescent dès longtemps oublié du monde.... tu ne m’aurais donc pas aimé?
marina.
Dmitri, vous ne pouvez pas être un autre que vous-même. Je ne puis pas aimer un autre que vous.
DMITRI
Eh bien, non, c’est assez. Je ne veux point partager avec un mort l’amante qui lui appartient. Assez feindre ainsi. Je te dirai toute la vérité. Écoute : Ton Dmitri est mort depuis longtemps, mort, enterré, et il ne ressuscitera point. Et veux-tu savoir qui je suis? Eh bien,
je te le dirai : je suis un pauvre frère lai. Las de la réclusion claustrale, je méditai mon hardi projet sous le capuchon; je préparai une merveille au monde. Je m’enfuis en Ukraine, dans les turbulentes tribus des Cosaques; j’appris à manier le cheval et le sabre; je vins en ce pays, je me nommai Dmitri, et je trompai les Polonais sans cervelle. Que diras-tu maintenant, orgueilleuse Marina? Es- tu satisfaite de mon aveu ?... Tu te tais.
MARINA
O honte! O malheur!
(Long silence .) dmitri bas.
Où m’a entraîné un élan de dépit involontaire? J’ai peut-être ruiné à jamais un avenir qui m’avait coûté tant de peines à édifier. Insensé, qu’ai-je fait? (Haut.) Je le vois bien, tu rougis d’un amour qui n’est pas de roi. Prononce donc le mot fatal. Mon sort est dans tes mains. Décides-en. J’attends. (Il se jette à genoux.)
MARINA
Lève-toi, pauvre imposteur. Imagines-tu me
toucher par cette génuflexion, comme si j’avais le cœur d’une crédule et faible jeune fdle? Tu t’es trompé, ami- J’ai vu à mes pieds dos chevaliers et des princes, et si j’ai froidement repoussé leurs vœux, ce n’est pas pour qu’un moine fugitif....
dmitri se levant.
Ne méprise pas cet imposteur. En lui peutêtre se cachent des vertus qui sont dignes du trône de Moscovie, dignes de ta main....
MARINA
Dignes de la corde, insolent. -
DMITRI
Oui, je suis coupable. J’ai trompé Dieu et le tzar, j’ai menti au monde. Mais ce n’est pas à toi, Marina, de me punir. Je ne suis pas coupable devant toi, puisque je n’ai pu me résoudre à te tromper. Tu étais le seul sanctuaire devant lequel je n’osais feindre. L’amour aveugle, lé seul amour m’a forcé de tout t’avouer.
MARINA
De quoi te vantes-tu, insensé? Qui te demandait cet aveu ? Si tu as pu , obscur vagabond , aveugler merveilleusement deux
peuples, tu aurais dû te montrer digne de ta réussite, et consolider ton hardi mensonge par un secret obstiné, profond, éternel. Puis-je, dis-le-moi toi-même, me livrer à toi? Puis-je, oubliant ma race et la pudeur, unir ma destinée à la tienne, quand toi-même tu dévoiles ta honte avec tant de naïveté et d’étourderie?... C’est par amour qu’il a délié sa langue avec moi !... Mais je m’étonne que tu ne te sois pas révélé devant mon père par amitié, ou devant le roi par excès de joie, ou devant le seigneur Viehnévetski par loyauté de fidèle serviteur.
DMITRI
Je te jure que toi seule as pu forcer cet aveu à jaillir de mon cœur. Je te jure que jamais, nulle part, ni aux festins, tenant en main la folle coupe, ni dans les intimes épanchements de l’amitié, ni sous le couteau, ni dans les tourments du supplice, ma langue ne laissera plus échapper ce formidable secret.
MARINA
Il jure ! . . . donc je dois croire.... Oh! oui, je te crois. Mais, permets-moi de te le demander, par quoi jures-tu? Est-ce par le saint nom de
BORIS GODOUNOFF.
Dieu, comme le dévot disciple des jésuites? Ou bien par ton honneur, comme un noble che- • valier? Ou bien peut-être encore par ta seule parole de tzar, comme un fils de tzar? Réponds.
dmitri fièrement.
L’ombre du Terrible m’a adopté. C’est elle qui, de son tombeau, m’a nommé Dmitri; qui a remué les peuples autour de moi, qui m’a livré Boris pour victime. Je suis tzarévitch, c’en est assez. J’ai honte de m’abaisser plus longtemps devant une orgueilleuse Polonaise.
Adieu pour jamais. Les jeux sanglants de la guerre, les labeurs dè ma grande destinée feront taire, j’en ai l’espoir, les angoisses de l’amour.... Oh! combien je te haïrai quand l’ardeur de cette lâche passion sera éteinte.
Maintenant je pars. La mort ou la couronne attendent ma tête en Russie. Mais, que je trouve la mort comme un généreux guerrier dans une loyale bataille, ou comme un scélérat sur un échafaud public; ou bien quejem’élève aussi haut qu’homme peut monter, tu ne seras pas ma compagne, tu ne partageras pas mon
102 POfiMES DRAMATIQUES.
destin. Et peutrêtre tu regretteras trop tard le sort que tu viens de repousser.
MARINA
Mais si je dévoile dès à présent devant tout le monde ton insolente supercherie?...
DMITRI
Crois-tu donc que je te craigne? Crois-tu que l’on prêtera plus de croyance à une fille polonaise qu’au tzarévitch de Russie? Mais sache que ni le roi, ni le pape, ni tous ces grands seigneurs ne s’inquiètent nullement de la vérité de mes paroles. Que je sois Dmitri ou non, que leur importe? Je leur suis un prétexte de trouble et de guerre; c’est tout ce qu’ils demandent. Et crois-moi: on saura te faire taire, rebelle. Adieu. (Il veut s'éloigner.)
MARINA
Arrêtez, tzarévitch. J’entends enfin la parole, non d’un adolescent, mais d’un homme.
Elle me réconcilie avec vous, prince. J’oublie votre transport insensé; je ne vois plus que Dmitri devant moi. Mais écoutez: il est temps; réveillez- vous; n’hésitez plus; hâtez-vous de mener votre armée contre Moscou. Entrez au
BORIS GODOUNOFF.
Kremlin, asseyez-vous sur le trône. Alors vous m’enverrez chercher par un ambassadeur de noce. Mais, Dieu m’entend, aussi longtemps que votre pied ne se sera pas posé sur les marches du trône, aussi longtemps que Godounoff ne sera pas renversé par vous, je n’écouterai plus un seul mot d’amour. ( Elle sort.)
DMITRI
Non, il est plus facile de combattre Godounoff, ou de lutter de ruse avec un jésuite courtisan, que de venir à bout d’une femme. Quo le diable soit avec elles! Elles vous entortillent, elles rampent, glissent des mains, sifflent, mordent..., un serpent, un serpent! Ce n’est pas en vain que je tremblais ; elle a failli me perdre. C’est décidé; demain je fais marcher l’armée.
Peu de temps après qu’il fut proclamé tzar, Dmitri envoya chercher Marina par des ambassadeurs, l’épousa en grande pompe , la couronna de sa main, oe qui causa un grand scandale, et périt onze jours après ses noces. Restée veuve, Marina se décida plus tard à reconnaître le second faux Dômétrius pour son premier mari. Elle en eut un fils qu’elle mit au monde quelques jours après la mort de ce second mari, tué à Kalouga. Elle essaya ensuite de
soutenir ses droits au trône à l’aide d’un hetman de cosaques nommé Zaroutski, dont elle fut la maltresse. A l’avénement du jeune Michel Romanoff (1613), ce Zaroutski fut pris avec elle et son fils sur la mer Caspienne, lorsqu’ils fuyaient en Perse. Zaroutski fut empalé, l’enfant pendu, et Marina condamnée à mourir de faim en prison.
(En vers,)
Frontière de la Lithuanie et de la Russie.
1604, 10 octobre.
DMITRI, le prince KOURBSKI , tous deux à cheval. —.L'armée s'approche ,
koürbski arrivant au galop.
La voilà, la voilà, la frontière de la Russie, Sainte Russie, je suis à toi ! Je secoue avec mépris de mes vêtements la poussière de la terre étrangère. Je bois avidement cet air nouveau ; il m’est parent. Maintenant, ô mon père, ton âme a dû se consoler, et tes os exilés ont dû frémir d’allégresse dans ta tombe. Elle a brillé de rechef notre épée héréditaire, celte glorieuse épée, terreur de la sombre Kasan; celte bonne
106 POfiMES DRAMATIQUES.
épée, servante des tzars de Moscou. Elle se mettra de la partie, elle aussi, dans le festin que va donner notre bien-aimô tzar.
dmitri arrivant au pas, la tête baissée.
Qu’il est heureux ! comme son âme pure s’enivre de gloire et d’enthousiasme ! O mon chevalier, je te porte envie. Fils de Kourbski, élevé dans l’exil, en oubliant les injures de ton père, tu rachètes sa faute, prêt à verser ton sang pour le fils d’Ivan, pour rendre à la patrie son tzar légitime. Tu as raison ; ton âme doit rayonner d’allégresse.
kourbski. .
Et toi, ne te réjouis-tu point?... Voilà notre Russie; elle est à toi, tzarévitch. Là t’attendent les cœurs de tes sujets, ta Moscou, ton Kremlin, ton empire.
DMITRI
Le sang russe coulera, ô Kourbski. Vous avez tiré vos épées pour le tzar, vous êtes purs. Tandis que moi.... je vous conduis contre vos frères. J’ai appelé la Pologne pour conquérir la Russie ; je montre à l’ennemi le chemin de la belle Moscou. Que mon péché me tombe pas
BORIS GODOUNOFF. 107
sur moi, mais sur toi, Boris, le régicide ! En avant!
KOURBSKI.
En avant! Et malheur à Godounoff! ( Ils partent au galop , et les régiments traversent la frontière.)
(En vers.)
La Dooma du tzar à Moscou.
LE TZAR, LE PATRIARCHE et LES BOYARDS.
BORIS
Le croirez-vous ? Un moine défroqué, fugitif, amène contre moi des hordes scélérates, et m’ose écrire des menaces! C’est assez; il est temps d’exterminer l’insensé. Partez, toi Troubetskoï, toi Basmanoff ; un secours est nécessaire à nos fidèles jvayvodes. Le rebelle a mis le siège devant Tehernigor. Délivrez la ville et ses habitants.
BASMANOFF.
Tzar, avant trois mois d’ici, la renommée elle-même ne parlera plus de l’imposteur.
Nous l’amènerons à Moscou dqns une cage de
BORIS GODOUNOFF.
fer, comme un animal d’outre-mer. Je te le *
jure par le nom de Dieu. ( Il sort avec Troubetskoï .)
BORIS
Le roi de Suède m’a proposé son alliance par des ambassadeurs. Mais nous n’avons pas besoin d’un secours étranger ; nous avons assez de nos soldats pour repousser les traîtres et' les Polonais. — J’ai refusé. — Tchelkaloff , qu’on envoie des oukases aux voïvodes dans toutes les contrées de la Russie, pour qu’ils montent à cheval, et qu’ils appellent les hommes au service, d’après les anciennes coutumes. Qu’on prenne aussi les serfs des monastères.
Autrefois, quand un malheur menaçait la patrie, les cénobites eux-mêmes allaient au combat. Mais nous ne voulons pas les inquiéter maintenant ; qu’ils se contentent de prier pour nous. Ceci est l’oukase du tzar avec l’assentiment des boyards *. A présent , une grave question reste à décider. Vous savez que cet insolent imposteur a répandu partout des