Gynécée des anciennes maisons seigneuriales en Russie
LA ROUSSÂLKA.
une fiancée, qui peut l’en empêcher? Ne t’avais-je pas dit... .
LA FILLE
Et il a pu, comme un honnête homme, me dire adieu ! me donner des présents, de l’argent môme! Il voulait me dorer la langue pour que la mauvaise renommée de son action ne se répandît pas et n’arrivat pas jusqu’à sa jeune femme. Ah! oui... j’oubliais... il m’a chargée de te donner cet argent pour te remercier de tes complaisances, de ce que tu as permis à ta fille de se traîner à sa suite, de ce que tu n’as pas été son gardien sévère. Ma perte, tu vois, te sera profitable. (Elle lui donne le sac d'argent.)
le meunier, en- pleurant .
Oh! jusqu’où ai-je vécu? et qu’a-t-il plu à Dieu de me faire entendre? C’est un péché à toi de faire un si amer reproche à ton propre père. Je n’ai que toi dans le monde; tu es la seule consolation de ma vieillesse; comment pouvais-je être sévère envers toi? Ne suffitil. pas que Dieu m’ait ainsi puni de ma faiblesse?
LA FILLE
Oh! j’étouffe.... un froid serpent me serre la gorge.... C’est un serpent, non un collier qu’il m’a mis autour du cou. (Elle arrache le collier .) Voilà comment je voudrais te déchirer, serpent venimeux, toi, maudite, qui nous a séparés!...
LE MEUNIER
Tu délires, fille.
la fille, ôtant sa paviazka.
Voici ma couronne, la couronne de ma honte! c’est avec elle que nous a couronnés l’ennemi perfide', quand j’ai renié ce que j’avais si chèrement gardé jusque-là. Nous voici découronnés*. Péris, infâme couronne! ( Elle la lance dans le fleuve.) Et moi avec toi. (Elle s'y jette.)
le meunier, tombant évanoui.
Oh! malheur! malheur!