STANCES POUR ARMAND SILVESTRE
Les éphèbes au front couronné de verveines Marchaient à pas é^aux sous les platanes blancs; L'huile des jeux sacrés ruisselait de leurs flancs Et leurs yeux rayonnaient de la (ji^loire d'Athènes.
Un rêve harmonieux de force et de beauté Prolongeait autour d'eux Tenivrement des choses Et le divin Platon, parmi les lauriers-roses, Leur parlait de sag^esse et d'immortalité.
Deux à deux enlacés^ à l'ombre des portiques, Sous l'azur clair, avec des mots mélodieux, Ils célébraient la forme et l'essence des Dieux Et le miel s'épanchait des abeilles attiques.
gS POÂMES ÉLiaiAQUES
J'ai tenté d'évoquer, aux heures du printemps, Ces jours extasiés de force et de jeunesse ; J'ai suivi dans les bois l'implacable Faunesse Et baisé son visa(|pe aux rires éclatants.
J'ai mêlé dans la coupe offerte les dictâmes
Dont Eros, le dompteur glorieux, m'exalta
Aux philtres abhorrés de l'âpre Sjmétha :
Candeur I 0 les soleils des jours que nous chantâmes I
Puis le soir est venu sans porter à ces chants Un peu que j'espérais de bonheur et de gloire : Les lis ont refermé leurs corolles d'ivoire Et leur âme expirée endeuille les couchants.
Mais je bénis la Lyre, 6 Maître, et je l'honore Pour l'éternel désir que son nom m'a versé. Pour l'insigne lueur qui dore mon passé, Pour l'orgueil invaincu de la strophe sonore.
Et je vous dis : Salut I Nos Dieux vivent toujours ! Rien ne pourra dompter leurs forces renaissantes. Les Muses aux beaux bras et les Grâces décentes, Comme au matin du monde, emplissent nos discours.
nÉVK ANTIQUE QQ
Chantons comme, autrefois, à Tombre des portiques. Les beaux Athéniens aux cheveux ceints de fleurs : Et retrouvons encore, au milieu des douleurs, Les sons graves et purs des cithares antiques.
lOO POÈMES ÉL^GIAQUES