SURSUM CORDA
Quand la Beauté, pleurant comme un ange malade Qu'étouflfe l'air impur de ce temps odieux, Remonte, oiseau blessé, dans la clarté des cieux. Et jette au cœur des nuits son ultime roulade.
Heureux celui qui peut des soleils radieux, Pour dérober la flamme, essayer Tescalade Et qui^ ne craignant pas le destin d'Encelade, Sur leurs trônes d*azur va susciter les Dieux.
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LE JARDIN DBS RÊVES ^7
Nous serons de ceux-là si la mort nous respecte : Car nous ferons splendir dans la forme correcte Le rêve fraternel qui hante nos cerveaux.
Et nous vivrons, pareils à ces dompteurs sublimes Qui, dédaignant la terre et ses plus fières cimes, Font cabrer en plein ciel leurs féroces chevaux.
!l8 POÂMBS ÉLioIAQUIt
SONNET
Comme un chant descendu des collines prochaines Berce le sommeil lourd des moissonneurs lassés Et, dans le bois profond aux ombrages glacés, Mène le chœur dansant des Nymphes, sous les chênes;
Ainsi vos rhythmes purs,cadençant leurs haleines, Ressuscitent pour moi les printemps eflfacés. Les bonheurs disparus et les amours passés, Le temps où mes dési^'s buvaient aux urnes pleines.
LE jaudin des rêves 2Q
O frère I une douleur pareille vit en nous Et c'est un même dieu qui courbe nos genoux Devant l'horreur de ses inévitables charmes.
Tous les deux^ vous fleuri des roses du matin Et moi qui vais déjà courbé sous le destin, Nous pleurons à jamais de sympathiques larmes.
3o POÈMES ÉLiOIAQUIB