LUNDI DE PAQUES
Avril. Comme un amas de dentelles voilant
A demi la candeur d'une poitrine vierge,
Sur le jeune soleil s'éteifd un duvet blanc.
Le jour pâle est plus doux qu'une lueur de cierge*
Les coteaux embrumés effacent mollement, Dans l'azur alangui, leurs cimes violettes. C'est de la terre au ciel un long enchantement Les pêchers ont ouvert leurs roses cassolettes.
Et, joyeux, emplissant de rires les chemins. Par les bois que rougit le sang vermeil des aulnes, Le soir, de beaux enfants emportent dans leurs mains Des moissons de lilas et de narcisses jaunes.
56 PoiuEn jfcLéGIAQUËA
Dans Tazur solennel fleuri de lauriers-roses Le soleil triomphant darde ses flèches d'or Et voici que la Terre en sourianf s'endort, Heureuse sous l'ardent baiser des flammes roses.
Car, dans ses flancs hâlés par les feux du midi, Où Tâpre canicule en flots ardents ruisselle, Bouillonne avec transport la vie universelle. Gomme un lait chaleureux par l'amour attiédi.
Elle sent que ce ciel, brûlant comme les forges, Féconde son beau flanc d'où tombent les épis, Et que, pour nous bénir, les germes assoupis Vont croître dans les blés, les seig^les et les orgess
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Ainsi rêve la Terre éprise de douleur, Que déchirent du soc les morsures égales, Au temps où le frisson des stridentes cigales Exhale dans le bleu l'hymne de la chaleur.
38 POÈMES iLioiAQUES
SONNET
Dans la neige et la pourpre où les soleils pâlis Viennent boire en mourant ta senteur généreuse, Amaryllis I ô lis, superbe entre les lis, Une douleur profonde et royale se creuse.
Déjà les soirs plus brefs de fraîcheur sont emplis Et^ le long des jardins peuplés de tubéreuses, Gomme une veuve sous sa robe aux larges plis, L'Automne jette au vent sa plainte douloureuse.
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LE JARDIN DBS RÊVB8 Sq
Voici la Mort qui frappe aux portes de TEté ! Et ton parfum, dans la nuit mauvaise emporté, Bsdg'ne de sa langueur les couchants pathétiques.
Hélas I je t'ai cueillie, 6 fleur du désespoir, Et, triste comme toi, sentant venir le soir. J'exhale avec or|^ueil mes suprêmes cantiques.
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4o POàlClB ÉLÉatAQUfeS
SONNET
A rinnommée, à la Furtive, à l'Iaconnue Que mon désir appelle et n*éyoquera pas, A TAng-e secouant des roses sous ses pas, A ridole que voile une impalpable nue !
Que sa gorge ait vêtu la lourdeur des lampas Ou que sous le ciel d'or flambe sa grâce nue. Châtelaine surprise au fond de Tavenue^ Sainte pour la prière entr 'ouvrant ses beaux bras :
ti^T. "^r -: ■
LE JARDIN DB8 KÈVRS 4'
Qu'elle soit Ophélie, Hélène ou Béatrice, Le Démon protecteur, la Muse inspiratrice, Ou l'Amante de pierre aux flancs invulnérés :
J'ofiFre comme un bouquet déjà flétri ces rimes vaines : Tels, les Athéniens apportaient des verveines A l'autel blanc et pur des cultes ignorés.
42 P0ÂME8 éLÀQlAQUI£S