‹ Poèmes élégiaquesChapitre 6 sur 48 · SURSUM CORDA · texte numérisé non relu

SURSUM CORDA

Quand la Beauté, pleurant comme un ange malade Qu'étouffe l'air impur de ce temps odieux, Remonte, oiseau blessé, dans la clarté des cieux, Et jette au cœur des nuits son ultime roulade,

Heureux celui qui peut des soleils radieux, ^""- ''^rober la flamme, essayer l'escalade

ne craignant pas le destin d'Encelade, rs trônes d'azur va susciter les Dieux.

Nous serons de ceux-là si la mort nous respecte : Car nous ferons splendir dans la forme correcte Le rêve fraternel qui hante nos cerveaux.

Et nous vivrons, pareils à ces dompteurs sublimes Qui, dédaignant la terre et ses pljis fières cimes, Font cabrer en plein ciel leurs féroces chevaux.

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SONNET

Comme un chant descendu des collines prochaînes Berce le sommeil lourd des moissonneurs lassés Et, dans le bois profond aux ombrag'es glacés, Mène le chœur dansant des Nymphes, sous les chênes ;

Ainsi vos rhythmes purs,cadençant leurs haleines, Ressuscitent pour moi les printemps effacés, Les bonheurs disparus et les amours passés, Le temps où mes désirs buvaient aux urnes pleines.

O frère ! une douleur pareille vit en nous Et c'est un même dieu qui courbe nos genoux Devant l'horreur de ses inévitables charmes.

Tous les deux^ vous fleuri des roses du matin Et moi qui vais déjà courbé sous le destin, Nous pleurons à jamais de sympathiques larmes.

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