L'AME OBSCURE DES COFFRETS D'OR
Tout endormie par la chambre, vous regardez longuement, comme dans les scènes d'opium. Les meubles et les étoffes, par le temps éternisés, respirent loin du cœur et loin de la vie — statuettes aux poses durables, n'étes-vous pas aussi réelles que notre fuyante pensée? une forme sereine chanterait l'être, uniquement par sa ligne, ignorante du frisson. Naissent de l'ombre les objets d'art et les belles choses que nul souci ne peut blesser — elles n'ont pas d'âme, ou Tâme obscure des joyaux et des coffrets d'or.
Les joyaux que vos mains caressent ont été caressés par d'autres mains ; ils on fait l'orgueil d'autres chairs fragiles, calmé de leur magie claire maintes fièvres au front lourd — et les coffrets d'or, en quelle italie lointaine, bercés par les vagues, ontils sans vous voyagé ? pour les matelots, couchés aux étoiles, les flancs du vaisseau recelèrent de
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royales mélancolies. Maniez les chasubles ternies et patientes où s'éteint la splendeur des soirs. Je pense à la joie défunte que les beaux objets expriment et n'éprouvent pas.
Elle est couchée au milieu des fleurs étrangères. Des lèvres ne s'ouvriront plus pour les usuels sanglots — celle qui dort a dit un adieu las aux promenades par le crépuscule des villes ou par les vibrants matins, avec les ombrelles et les robes bleues. Plus morte que ce qui n'a pas vécu, une forme seule rit au mystère — ses cheveux sont, depuis l'heure, épars sur l'oreiller et son âme est pareille maintenant à celle des choses. C'est l'âme obscure des joyaux, des chasubles et des coffrets d'or.