MAINS ROYALES
L n roi pencha vers le berceau sa barbe majestueuse et ses yeux très doux; — Maintenant, i] s'éloigne, insoucieux, sous son beau manteau de cour. Mais, o le vase d'or plein de pierres hiisanles, oublie devant la couche en vieux bois poli par le temps ! — L'enfant ne pourra-t-il pas payer un royaume d'Inde fabuleuse avec cet or ?
L'autre vieillard avait le visage lamentable de ceux qui ont jadis pleuré. — Des cassolettes, à son entrée, répandirent leurs nuages vers les poutres et les araignées frileuses. C'était l'encens. Des hommes suivaient, qui portaient, dans des coftrets de sanlal, d'autre encens, en poussière grise à' gros grains. — Ce fut le temple après le palais. — Sur la paille on déposa les coffrets rares, revêtus de vieux velours terne. — On eut pu, de cet encens, parfumer comme une corolle toutes les heures futures du nouveau-né.
I >(S POÈMES EN PUOSE
Et la murhe, c'est le tombeau. — Les mains lasses du dernier roi tremblaient de son long voyage au crépuscule, les étoiles auraient jalousé la beauté triste de son présent. L^n cri nocturne l'avait salué au départ, du haut des villes natales. Ce fut le roi qui portait la myrrhe dont on embaume les morts ; ce fut l'enfant qui devait ouvrir, aux morts embaumés de myrrhe, la porte du fond du tombeau.