POUH L^ DÉMON
Maintenant serais-tu à la veille de disparaître devant le fantôme de la vie nue, toi dont le sourire fut le phare de mon autrefois? La simple volupté, de ses mains de flamme, fermera-t-elle des yeux habitués aux mystères ? \e te verrai-je jamais plus? toi, le maudit dont la présence insaisissable immortalisa mes inquiétudes, mettras-tu sur ton visage couleur de mon iime ce masque nouveau de magie d'être, en outre, )e disparu? Je voudrais que mes prières fussent païennes, pour te louer autant que je veux. Le héraut qui vint nous chercher à la naissance, pour nous amener jouer le rôle, portait un bracelet de diamants noirs.
Ton visage était de vent souple, et mes paroles ondoyaient vers toi comme la flamme d'un bûcher royal. Tes ailes ombrèrent de crépuscule l'aube où ma tristesse violette se reconnut, dans les parcs où là-bas, par dessus la cime hautaine des arbres, les
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clartés mortes du couchant viennent pareilles à des sons de cors. Sur le sein des jeunes hommes, dans un heau conte d'antiquité, une cigale d'or en ciselure dort bercée par un collier d'ambre. Un jour vient qu'elle s'éveille, en écoutant battre leur cœur.
Je sais bien que je mourrai de ton amour, un jour ou l'autre, et que tu ne m'en sauras nul gré. Mais tout paré de dentelles tu te pavanes, laissant couler de tes mains longues tes langueurs, tels des flots d'opales perles, et tes frères d'exil venus à ta suite, en grand cortège, aux flambeaux, me regardent de leurs yeux profonds. Les poèmes qu'ils conteraient, si leurs lèvres n'étaient closes par le souffle lointain des mers, feraient pâlir de regret les vieux prieurs qui, levés à l'aube, penchent sur des missels jaunes leurs fronts usés par la clarté des cloîtres froids.
Tu os beau comme un péché, et tes regards sont trou]3les comme des prunelles où le spasme divin se joue. Nul ne se lassera de te voir passer. La grAce souple de ton corps est un hymne aux dieux légers. Dorment au creux de ta main tous les gestes disparus. Tu es la tristesse, aussi. Toutes les voluptés qui sont d'ailleurs, porteront la robe des encenseuses devant ta jeune volupté. Si quelqu'un les nomme, ce sera d'une syllabe éparse de ton nom.
Un souvenir, qui porte ton nom, après quelles
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générations disparues, et quelles apparitions fuiiives, en des villes usuelles, de jeunes filles aux beaux seins, éclairera la mélancolie des adolescents, attristes par leur cœur dans le futur, comme une lanterne de songe aux verres de couleur, qu'un page inconnu, vêtu de blanc, viendrait balancer dans les silhouettes noires des arbres, à travers les parcs réels et lunaires de leur jeunesse d'amour.