‹ Poèmes épars de Joseph Lenoir-Rolland, 1822-1861Chapitre 24 sur 28 · LE GÉANT · texte numérisé non relu

LE GÉANT

Rien ne resta du géant sombre, Qui semblait demander merci; Pas un point du ciel de son ombre Ne fut un instant obscurci.

Ainsi s'écroulent les fantômes Qui, souvent, arrêtent nos pas; Un souffle les brise en atomes; Narguons-les: ils n'existent pas.

Montréal, mai 1858.

La harpe magique

(Traduit de V anglais de Charle* Mackay)

Parmi les saules, à la brune, Sur la rive d'un noir torrent, Dont le clair rayon de la lune Caressait le flot murmurant, Une harpe était suspendue Vibrant sous d'invisibles doigts.

Harpe d'or! s'il l'eût entendue, Un ange eût envié ta voix!

Attiré par cette harmonie, Suave comme un chant des cieux, Un étranger, fatal génie, Passait alors silencieux.

Il vint dans le bocage sombre. Sous les coups de sa rude main, Comme des étoiles dans l'ombre Les chants s'éteignirent soudain!

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