‹ Poèmes épars de Joseph Lenoir-Rolland, 1822-1861Chapitre 26 sur 28 · LA FENÊTRE OUVERTE · texte numérisé non relu

LA FENÊTRE OUVERTE

J'entendis gazouiller encore L'oiseau dont le chant familier Toujours éveillait, dès Paurore, Ceux que je ne puis oublier!

Mais la voix des anges que j'aime, Voix qui charmait par ses doux bruits, Ne chantera, douleur suprême!

Que dans les rêves de mes nuits!

Et, comme nous marchions ensemble, L'enfant qui suivait mon chemin, Disait: "Oh! que votre main tremble, Qu'elle tremble en pressant ma main!"

Montréal, Mars, 1858.

Caledonia

(Imité de Burns)

0 myrtes embaumés, laissez les autres terres Nous vanter à Penvi leurs bosquets solitaires Dont l'été fait jaillir d'enivrantes odeurs. J'aime mieux ce vallon, frais et riant asile Où, sur un lit d'argent, coule une onde tranquille Sous la fougère jaune et les genêts en fleurs.

Plus chère est à mon cœur cette douce retraite!

La blanche marguerite et sa sœur pâquerette

S'y mêlent au bluet à l'aigrette d'azur,

Et c'est là que souvent Jeanne, ma bien-aimée,

Vient écouter l'oiseau, caché sous la ramée,

Jeanne au regard si doux, ma Jeanne au front si pur!

La brise les caresse et le soleil les dore, Quand notre froide Ecosse entend la voix sonore Des sombres aquilons bondissant sur les flots. Mais ces lieux enchantés, qui les foule? l'esclave! Le bonheur n'est pas fait pour qui porte l'entrave! Il appartient au maître! A l'autre les sanglots!

Non! le noble Ecossais ne conçoit nulle envie De ces biens contestés d'une race assouvie. Avec un fier dédain, il sait voir tour à tour Leurs bosquets parfumés, leurs fertiles campagnes. Libre comme le vent qui court sur ses montagnes S'il a porté des fers, ce sont ceux de l'amour!

Montréal, 25 janvier, 1859.

Le roi des aulnes

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