‹ Poëmes et chants élégiaquesChapitre 29 sur 40 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

Ce que VOUA donnes en mon nom , toqs lera rendu an centuple p^r von pire.

( ÉfHUgilt. )

Tout le monde connaît cette association de charito, qui distribne des secoure si abondants aux malhenrcnx» an moyen des oavnges de tout genre que leur consacrent les dames les phu distinguées de Paris, et dont la Toite se fsit dans les salons.

£'!^umène.

V oiGi venir, mes sœurs, le dernier mois d'automne ; Un beau jour, maintenant , est rare et passager : Le pauvre , demi-nu , des premiers froids s*ëtonne ; Travaillons pour le soulager.

Toi, reprends, Âglaë, Taiguille intelligente Qui nous rend nos bouquets de fleurs ;

i68 L'AUMONE.

Toi , la navette diligente Qui marie , en courant , leurs soyeuses couleurs.

I>onnez-moi mes pinceaux; la nature ëveillée Se dégage de Tombre» et rit de toutes parts ; Un rayon de soleil court sur l'herbe mouillée ; Et ces pâles bouleaux rassemblent les brouillards Autour de leur cime effeuillée.

Poursuivons un projet par le cœur entrepris : Appliquons-nous, mes sœurs ; faisons de beaux ouvrages Que les pauvres vendront aux riches de Paris. Nous , à Dieu seulement demandons-en le prix , Sans rechercher d'autres suffrages.

L'hiver sera, mes sœurs, plus rude qu'on ne croit: Et déjà, dans la cour, d'un ton piteux et triste.

Un tout petit enfant deknaridè qu*on l'assiste ,

En soufflant dans ses mains toutes rouges de froid.

Vous avez vu souvent, au seuil du presbytère, Cette femme encor jeune, et d'un maintien tremblant , Qui nourrit un enfant, pâle comme sa mère, Et qui pleure en le consolant.

Au sortir de Téglise, hier , je l'ai cherchëe : On m'a dit que, malade et n'ayant point d'abri , Dans la grange prochaine elle s'ëtait couchëe , Et que l'enfant souffrait d^être si mal nourri.

Ma mère en a pleure, puis m'a donne pour elle ; Et j'ai couru bien vite apporter ce secours.

Mais ce n'est point assez : travaillons avec zèle, Mes sœurs , et de tous deux nous sauverons les jours.

Dan» notn livre de prières , ( Je l'ai lu biea souyenl » mes sœurs , ) il est écrit ,

Que tous les pauvres sont nos frères ; Oui f qu'ils sont , comme nous , enfants de Jésus-Gfarist.

La fortune, ici bas , n'est pour nous qu'une ëpreuve. Qui possède beaucoup » doit donner beaucoup d'or ; Et qui possède peu, devra donner encor ; Cest le cœur qui fait tout : le denier de la veuve Sera compté comme un trésor.

Tel est des livres saints l'enseignement suprême , Qu'un ange suit le pauvre et veille sur ses pas ; Qu'un refus est, là-haut, puni comme un blasphème; Qu'un cri de faim maudit tous ceux qu'il n'émeut pas. Et qu'en donnant au pauvre, on prête à Dieu lui-même.

Et si vous en doutez, écoutez le récit D'un miracle opéré par le chef des apôtres,

L'AUMONE. I7t

En des temps meilleoips que le»ii6ti^s ; Il s'est fait à Joppë; k Bible nous le dît.

* Une femme y mourut qui pratiquait Paumône , Nourrissait Forphelin, accueillait Texilë, Et de son toit bëni ne renvoyait personne Sans l'avoir satisfait ou du moins console.

A saint Pierre, aussitôt, le pepple vint l'apprendre. On avait expose la morte en sa maison , Et tous les gens de bien étaient en oraison, Le suppliant de la leur rendre.

Tous les pauvres surtout, les pauvres dësolës

Lui contaient ses bienfaits , lui peignaient leurs

alarmes; Les veuves y les enfants lui montraient, tous en larmes, Leurs habits qu'elle avait fil^.

Il se mit à genoux , et pria. Sur la sainte

La graœ de Dieu descendit.

Levez-vous , lui dit-il. La morte Fentendit.

Et tous crurent à Dieu dans la funèhre enceinte ,

Quand l'apôtre la leur rendit. »

Donnons, mais sans ëclat, et même avec mystère; Là haut veille, mes sœurs, un tëmoin précieux. Donnons : Ce cpi*on rëpand d'aumônes sur la terre , S'amasse en trésor dans les cieux.

fa 3^utt^ Catalane,

Ttt du Mggia t'aTTolgi io Mon vélo , QneU'oiida tei die erittalliiui o pan Soorre le rie per cui si poggia al cielo.

OA sont, KÎM des mers , tes plaisirs si rantés , Et ton loxe opolent , et- tes cieox eccbantés t Bt ces diaots , qae lé soir, le* gnitqr^ amies

isnr le seoll des béantes endormies ?

PicsAU.— ÂMS wtdneê d$ Masst.

LA J£UNf; CATALANE. 175

€ti ieune Catalane.

d oe u A Camille , recevez - moi ; Je veux vivre et mourir sous voUe sainte loi.

BieD jeune et déjà seule , on me nomme Ângéline ; Je pleure mes parents que je n*ai pu sauver.

Et vous voyez une orpheline Qui veut gagner le ciel pour les y retrouver.

Esquif abandonne , je préviens ie naufrage;

A vos travaux sacres je me voue à jamais.

Vous semblez redouter ma faiblesse et mon âge !

Je s^is forte. . . J*ai du courage ; Tai vu mourir ma mère et Gusman que j'aimais.

Avril se couronnait de ses fleurs les plus belles ,

Quand ma mère me dit un jour :

Gusman doit aux autels te donner son amour , Lorsque le citronnier prendra ses fleurs nouvelles.

Elle ignorait , hëlas ! qu'au sein de ces beaux lieux

Un horrible flëau s'amassait sur nos tétés ; Qu'il allait apparaître au milieu de nos fêtes,

Et qu*i] devait frapper ceux qu'on aimait le mieux.

Quel temps pour votre hymen , dit ma mère alarmée. Lorsque la pieté, la douleur et l'orgueil

Laissent passer la mort en silence et sans deuil;

Lorsque Tëglise sainte , aux fidèles fermée ,

Repousse la prière et même le cercueil ! .

Cen est fait, et la fièvre in^le et brûlante Dans le même tombeau va nous ensevelir. — Gusman la regardait; il prit ma main tremblante, Et me dit : la vois-tu pâlir ?

Le mal l'avait saisie au sein de sa famille.

Et son bras défaillant semblait nous repousser : Et ses cris répétaient : qu'on éloigne ma fille , Je veux mourir sans Tembrasser !...

Et moi , près de-4on lit , d'elle seule occupée , Profitant du désordre où flottait sa raison, Sur son front, sur ses mains j'essuyais le poison; Cest la première ibis que je l'avais trompée.

Elle mourut sans moi. .. Je la m expirer ,

Et je Taucais bientôt suivie Si Gusman ne m'eût dit : Tu m'as donne ta vie. Conserve-la pour moi. — Cëtait pour le pleurer. . .

L'indomptable flëau nous atteignit ensemble : Je m'écriai soudain : Mon Diefi , je te bënis ,

Qu'au moins le tombeau nous n^ssemble !

Mais Dieu ne voulait pas que nous fussions unis.

Quand le mal affaibli suspendit mon délire, Gusman n'était pas là pour mon premier sourire , Et je demeurais seule en ce lieu de douleurs! — Nos citronniers pourtant avaient repris leurs fleurs.

Mon refuge ^t en vous^ dans vos devoirs austères » O vous que ma patrie accueille avec transport , Vous qui nous apportez, colombes salutaires , Le rameau consolant dans l'arcbe de la mort.

JLA JEUNE CATALANE. 179

Des Vierges sur mon front attachez la couronne , Et que vos saints travaux raniment ma langueur; Seulement, laissez-moMe nom de ma patronne , Qui mit ce dessein dans mon c^œur.

2lur (6uc0.

dllbop qAouu/ - ^xx!c\u:cj. . .

Nescio qaod nostris' niâgnom et inemorjflilR fatis Ex^ni»laui,fcn'taBay paris.

LucAir. Lu. 4-

La victotr« br Wndra belle :

Nations , tendez-loi vos aeooanNbelliqQenx :

Les dieux eombattaient éree elle :

J^t^T^uA donc iflai grandes ^é'vbx ?

Ou moins , contre la Grèce , oh! n'ayes point de haine !

Encouragez-la dans l'arène :

Par des cris firatemeis secondez ses efforts : Et comme » aoli'efois ,^Rome en leur sanglante lutte , De ses gladtateors jugeait de loin la chute , Que vos oiaires mains applaudissent nos morts.

Atraio DB ViQwr. — Hê/ène.

ODE. idl

2lur <6rec0.

V ous qui , ressuscitant la patrie expiri^e, De plus d'une hécatombe honoriez vos aïeux,

Oui , vous êtes les fils des Dieux :

La vengeance vous plait, elle est douée et sâcrce. Aux champs Thessaliens vos drapeaux triomphant Appellent tout un peuple à la gloire docile :

t84 ODE

Et Larîsse, veuve d* Achille, 'D*un re'ard consofë sourit à se» enfants.

Rentrez dans vos marais, esclaves de Scythie : Votre servile aspect profane ces tombeaux.

Sous vos loi» trop long-temps la Grèce assujettie Veut de sa gloire enfin ressaisir les lambeaux. La voyez-vous descendre , au premier cri d'alarmes y Des rochers de Minerve , où méditait Platon ? Tremblez : ses pas ardents font voler sur ses armes La poussière de Marathon....

Si la renommée est fidèle , Si la Grèce a des fils qui n'osent la venger , Si f près de la victoire, attentifs au danger,

Tout armes, ils s'ëloignent d'elle ; Qui de sa cause sainte a pu les détacher!

Pensent-ils échapper au glaive de leurs maîtres ?

AUX GRECS. i85

Où sera leur asile ? Iront-ils se cacher

Dans Tes tombeaux de leurs ancêtres ?

Que n'osent-ils lever les yeux Sur les champs Platëens , sur ceux de Mantinee ! Ils ne trahiraient point leur nol^le destinée ; £t les fils seraient grands, plus grands que les ateux. Quels sont ces étendards que le croissant domine ? Quels superbes vaisseaux conduisent ces nochers ? Les vaisseaux du vainqueur ! ... Regardez ces rochers;

Reconnaissez-vous Salamine ?

Regardez ces débris. . . des siècles révolus

Ils éternisent la mémoire.

Mais ces restes épars ne fertilisent plus

Votre sol épuisé de gloire.

Là , stériles pour vous gisent Delphe et Claros : Tandis que leur poussière , en prodiges féconde ,

l86 ODE

Qae disperse le tonpt sur la feoe du monde , Fait partout germer des hëros.

Tous les vôtres sont là, couches sous vos portiques , prêts à se ranimer contre vos oppresseurs.

Vous gardez une terre où les foyers antiques Jusque daqs les tombeaux trouvent des défenseurs. Vos pères vous ont dit comme Athènes vengée Jadis à Marathon vit marcher dans ses rangs , Foulant d'un pied vainqueur les Perses expirants , L'ombre immense du fils d'Egée.

Salut, terre des arts et de la liberté,

De tout ce qui fut grand noble et sainte patrie !

Quelle es-tu maintenant que les fers t'ont flétrie ?

Belle encore à l'œil attristé :

Mais , toi-même infidèle à tes propres exemples , Tu courbes ta grandeur sous un joug odieux :

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