I90 ODE AUX GRECS
Ils laissent accuser ceux qu'ils devraient défendre !
Réservez, donc pour voua tout Thonneur du trépas :
Vos maUieurB vous ont fiût des ooiurages faciles. Vous fuirez I diseut-il»; non , vous ne fuirez pas; Vous regardez les Thermopyles.
21 mon 2eune 2lmi,
Dans la retraite , ami , la sagesse t'attend. C'est lA que le génie et s'élève et s'étend : lA , notre ame à nous seuls appartient tonte entière.
DELILLE. Épttn.
Isolés comme lui , mais plus que lui tranquilles ,
Arbres , gazons , riants asiles »
Sauvez ce malheureux du regard des humains t Ruisseaux , livres vos hords , ouvrez vos flots dociles, A. ses pieds qu'a souillés la fange de leurs villes ,
Et la pondre de leurs chemins.
VicTox HUGO. — Od€.
a ^011 Jeune ami.
xjvi les a prononcés, 6 filles de mémoire, Ces mots: « Je lègue un marbre à Tencens des mortels t « Aux antres de Paros il vieillirait sans gloire , « Il va monter sur nos autels.
Déjà vole en éclats Tenveloppe grossière Du chef-d'œuvre surpris sous ce marbre ignoré :
Et vainqueur de Python , le dieu de la lumière En jaillit superbe et sacre.
De traits non moins divins le gënie étincelle , D« ses voiles mortels tout à coup dépouillé y Lorsque sa propre flamme épure et renouvelle Ce que la terre avait souillé.
Alors Phénix brillant , sa beauté rajeunie Fait soudain pressentir ses destins éclatants. On entrevoit le Dieu : son nom est le Génie , Et son empire, c'est le temps.
De son char étoile qui vole avec mystère,
Vous descendez vers nous , en groupes gracieux ,
Beaux-Ârts , nobles bannis qui consolez la terre ,
Et qui nous révélez les cieux.
Ami, qu'au sein des arts ton cœur se réfugie; Jeune imprudent ; ce monde où je te vois courir
Nourrit de noirs poisons sa plus douce magie, Et son sourire fait mourir.
Il te promet en vain le bonheur et la gloire ; Le reptile t'enlace et semble te flatter :
Saisis l'arc d'Apollon, qui donne la victoire. Et ta lyre pour la chanter.
Comme ce Dieu berger, des monts de Thessalie Tu descendras vainqueur aux fêtes de Dëlos.
Que t'importent le sceptre et la pourpre avilie , Et tout l'or que gardent les flots ?
Tu dois ton jeune front aux palmes du génie ; Tes biens sont l'avenir, l'amour, la liberté; Le magique regard des^ vierges d'Aonie , Tout empreint d'immortalité.
Cherche le doux Amphryse et ses rives secrètes ; Du Pholoé propice implore la faveur ; Il faut un air suave et de chastes retraites Au cygne candide et rêveur.
Si Ponde réfléchit un ciel peuple d'étoiles , Son œil languit, s'attache à ses flots radieux ; Et d'intimes regrets semblent percer les voiles De 3on regard mystérieux.
Durant les douces nuits , le transparent Ismène Lui retrace du moins son céleste berceau.
Trop rapide bonheur ! l'aurore le ramène Sous l'abri du frêle roseau.
Il tend son col de neige, et sur l'onde azurée Glisse avec les rayons de l'astre du matin.
Bientôt, d'ombre et de fleurs sa langueur enivrée Rêve eucor son berceau lointain. »
Pourquoi dans vos palais, ou rien ne T intéresse, Joindre un nouvel exil à de si longs ennuis?
Quels palais lui rendront le beau ciel de la Grèce , Le calme enchanté de ses nuits ?
Laissez- lui ses flots purs, sa cabane légère. Aux roseaux de Tlsmène il confia son sort :
Il périrait loin d'eux ; et la rive étrangère N'entendrait pas son chant de mort.
Crains aussi les palais, amant de Polhymnie; Viens aux pâles clartés du soir inspirateur Sous la voûte des cieux déployer ton génie Dont rien n'abaisse la hauteur.
Exilé d'un moment , l'Olympe te réclame :
Fidèle au noble espoir qu'Apollon t'a permis , Aux ténèbres du monde échappe en jets de flamme , Et monte jusqu'aux cieux promis.
198 opi^.
Ceînt dtt rameau sacr^» dépose un cœur timide : Le gënie eut toujours un essor indompté.
Oui » dans h^ sein de Thomme un pieu puissant réside ; Et ce Dieu , c'est sa volonté.
D'obstacles » de përib s'entoure un yrai courage ; Il grandît avep euis- t^'yei^ mt ran^éaux verts Vit parmi les rochera d'un 9uc rai^ et $auvage, Et semble sourire aux hivers.
Dès que la pythonisse a rompu le $ilence 9 Qu'elle a saisi le Dieu ai long -temps épU, Avec lui tout à comip» sublime elle s'ëja^dce, Et le monde est sous son trëpié.
Prends ton essor comme elle ; et d'un monde fragile Détourne ce regard chargé de longs regrets.
Veux-tu donc imiter la nymphe de Sicile Ravie aux baisers de Cérès ?
lorsqu'un fougueux amant \ers rinfernale rive Emportait sa jeunesse et ses chastes douleurs , La vierge y dans ses bras, enfantine et naïve, Pleurait la perte de ses fleurs.
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U o'y avait p)u9 pour lai . sur la ferre , qa'une femme : il l'avait contemplée jusqu'à ce qu'il ne loi fut plus possible de l'effacer de son soutenir. Il avait cessé de vivre en lui-même ; elle était sa vie; et raceenl de sa voix , l'impression de sa main , hàtaieiA ou retardaient le cours de son sang.
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LE CHATEAU ao5
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il ON loin des bords de TOise , où Compiègne déploie De son éclat récent le superbe appareil , Ses berceaux de cytise et ses tentes de soie» Et ses dômes rougis à Thorizon vermeil,
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nos LE CHATEAU
Une sombre forêt , aux druides sacrëk , Se dëveloppe immense, en un calme profond.
Au nord y une ruine en protège l'entrée ; Et tous avec orgueil parlent dans la contrée Du vieux château de Pierre -Fond.
Nous errions, elle et moi, sur ces débris antiques ,
Que ta ligue et le temj» ont sapés tour à tour Et le jour finissait, et les arceaux gothiques Jetaient leur ombre, au loin, sur les bois d'alentour.
Une colonn^ détachée Toute entière gisait sous les gazons couchée ;
Et c'est là qu'elle vint s*asseoir, Près d'une baUté totir, largement ébréchée, \
Qui semblait recueillir les derniers feux du soir.