‹ Poëmes et chants élégiaquesChapitre 33 sur 40 · DE PIERRE-FOND · texte numérisé non relu

DE PIERRE-FOND

Elle ëtait ^à, muette, et pensive, et plus belle; Abaissant sa paupière^ et sur sa main fid^e Laissant tomber son front voilé par la douleur. Moi, j'ëtais à ses pieds , les yjçux fixés sur elle. Triste, et pâle de sa pâleur.

Je lui disais pourtant : « Crois-moi , ma bien aimée, Laisse tes beaux regards errer sur ces beaux lieux ; Vois comme la nature , heureuse et ranimée , En suaves tableaux se déroule à nos yeux.

Cest le beau mois de mai : ces fleurs t'en avertissent, Et leurs parfums si purs, qui montent jusqu'à nous. De l'antique forêt les dômes reverdissent ; Et .ces frais églantiers qui sur les tours grandissent Jettent des fleurs sur tes genoux.

^o8 LE CHATEAU

Vois-tu là-bas Compiègne et sa pompe royale?

La vierge de Schœnbmnn, ( pour des destins meilleurs ) Naguère y vint chercher la tente nuptiale , Où peut-être ont coule ses prophétiques pleurs.

Là , Soissons , où Glovis de leur dernière gloire Aux Romains des Gësars arracha les lambeaux ; Où la France reçut des mains de la victoire Ses droits de nation qu'elle a rendus si beaux.

Ici, des prés y un lac, des groupes de chaumières Qu'adossaient aux remparts les vassaux d'autrefois , Comme le passereau pour ses amours premières Va suspendre son nid sous l'abri de nos toits.

Mais l'ombre à chaque instant s'allonge avec mystère; Le soleil ne luit plus qu'au bout du long clocher :

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