‹ Poèmes et légendes du moyen-âgeChapitre 2 sur 5 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

meilleur de leur contenu aux recherches de savants étrangers, allemands, anglais, russes, italiens et espagnols. Ainsi ce volume illustre une fois de plus le grand fait de l'échange qui s'est produit de tout temps entre les o'uvres des différents génies nationaux et démontre l'utilité du secours mutuel que se prêtent, dans Tinvestigation scientifique, les efforts des chercheurs de tous les pays. Je serais heureux s'il pouvait contribuera ce que cette double vérité fût de mieux en mieux reconnue et devînt de plus en plus féconde.

Si l'histoire, ainsi conçue, de la poésie du moyen âge, si riiistoire de la poésie en général m'a paru jadis et me paraît encore digne d'occuper toute une vie studieuse, c'est que je n'y vois pas seulement un des aspects de Thistoire intellectuelle et esthétique de l'humanité, ni même simplement une contribution à l'analyse d'une de nos facultés essentielles, l'imagination créatrice. La fiction poétique estune desformes sous lesquelles les hommes ont le plus naïvement exprimé leur idéal, c'est-à-dire leur conception de la vie. du bonheur, de la morale, et c'est en ce sens qu'on peut dire avec Aristote (mais en se plaçant à un autre point de vue) que la poésie est plus philosophique que l'histoire. En étudiant ces empreintes laissées par l'âme de nos ancêtres, nous nous trouvons souvent amenés à les comparer aux idées que se fait notre âme à nous des éternels sujets de toute poésie. J'ai essayé,

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