LE PENITENT DE GANOSSA
Sur les dalles de la cour intérieure du château de Ca~ nossa, se tient, pieds nus et vêtu de la haire du pénitent, l'empereur Henri; la nuit est froide et humide.
En haut , à une petite fenêtre , apparaissent deux formes humaines , et la lune éclaire la tête chauve de Grégoire, le pape, et la gorge nue de la marquise Mathilde.
Henri, les lèvres pâles, murmure de pieux Pater noster. Pourtant, au fond de son cœur, la colère bouillonne sourdement , et il se dit en lui-même :
Bien loin d'ici, dans ma patrie allemande, s'élèvent de puissantes montagnes, et dans leurs mystérieuses profondeurs croît le fer dont on forge la hache.
Bien loin d'ici, dans ma patrie allemande, s'élèvent des forêts de chênes; et dans le tronc noueux du plus beau chêne on taillera le manche pour la hache.
Chère et fidèle patrie allemande, tu enfanteras aussi l'homme, qui me vengera de cette implacable hydre de Rome, et qui l'abattra avec la hache.