NOTRE-DAME
« Peuple impie et léger, arrière !
Arrière, hommes vains et sans foi !
D'une autre implorez la prière ; Jamais plus ne comptez sur moi.
« De prier enfin je suis lasse.
La terre ne croit plus à rien ; A)ans sa veine le sang se glace ; Le mal sans peur heurte le bien.
« Seul, hélas ! des jours de croyances, Vieux poëme au sens oublié, Sur un peuple sans espérances Survit mon portail dédaigné.
« 0 Christus ! on a mis en doute Ta parole et ta sainteté ; De tes pleurs la dernière goutte A noyé ta divinité.
« Au loin, par-dessus moi respire Un peuple immense d'astres d'or ; Cest vers eux que d'en bas j'aspire, Quand Paris à mes pieds s'endort.
« C'est vers eux que je tends, pensive, Mes bras depuis plus de mille ans ; Car toujours un rayon marri ve.
Plein de foi, de leurs yeux tremblants
« Là-haut, sans doute, l'espérance Reluit encore sous le ciel ; Là-haut chaque humaine souffrance Est une offrande à l'Éternel.
« Je voudrais dans un de ces mondes M'asseoir ; et pour l'éternité Entonner de mes voix profondes L'hosanna du Dieu de bonté ! »