AU FOND DE L'ONDE
Narcisse, un jour penché sur la claire fontaine,
Se vit, et de plaisir sourit en rougissant ;
Il s'admirait, pensif, retenant son haleine :
Il mourut consumé d'un désir impuissant.
Enfant aux blonds cheveux, au regard caressant, N'allez pas dans les bois, sous l'ombrage d'un chêne, Dans le cristal des eaux sous le vent frémissant, Mirer votre beau front orné de marjolaine.
Car cette onde si pure où rit la volupté Réfléchira soudain votre blanche beauté, Et mon bonheur fuira sous ce fatal caprice.
En vous voyant si belle au fond du bleu bassin,
Un désir insensé troublera votre sein ;
Et vous mourrez du feu qui consuma Narcisse.