‹ Poèmes et poésiesChapitre 9 sur 36 · ARIANE · texte numérisé non relu

ARIANE

A Frankfort dans un boudoir rose, Sous un vitrage gracieux, Est un marbre divin, qu'arrose Un pur rayon venant des cieux.

C'est une femme jeune encore.

Fort belle ; et dont la nudité, Que la sainte pudeur décore,.

Fait valoir toute la beauté.

Chose étrange ! un sourire plisse Ses lèvres au charmant contour ; Dans ses yeux une larme glisse ; Elle pleure, et rit tour à tour.

Dans sa pose pleine de grâce.

Elle regrette et se souvient ; Tout en pleurant de sa disgrâce, Sur sa bouche un baiser revient.

Pour toujours l'amant infidèle S'est enfui sur la vaste mer ; Le flot tristement autour d'elle Lui renvoie un soupir amer.

Vers un royaume il court, il vole ; Mais il emporte un noir tourment.

Fidèle, sur ce roi frivole, Elle, pleure éternellement.

0 marbre ! la foule étonnée, En t'admirant, a reconnu Ariane l'abandonnée, Dont l'amant n'est pas revenu .

Mais à ton aspect, le poëte, Repassant ses jours à la fois, Tout bas se dit, baissant la tête :

« Est-ce ma muse d'autrefois ! »

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