TRADUIT DE TH. MOORE
Cloches du soir, votre douce harmonie Parle à mon cœur du paternel manoir, Des jours d'enfance où votre voix bénie Me fit rêver, saintes cloches du soir !
De ces beaux jours loin est la dernière heure , Et plus d'un cœur qui palpitait d'espoir Dort maintenant dans la sombre demeure, Sourd à vos voix, saintes cloches du soir !
Je les suivrai, ces âmes envolées, Un autre barde ici viendra s'asseoir ; Une autre voix, du fond de ces vallées, Vous chantera, saintes cloches du soir!
F%ETIE ET SŒV%
Là-haut, dans les cieux limpides, Ensemble voyez errer Ces deux colombes rapides, Que rien ne peut séparer.
Dans l'azur que l'aube enflamme Elles montent, blanches sœurs 5 Elles n'ont qu'une seule âme, Une seule âme en deux cœurs.
Vers un unique rivage Tend leur essor hasardeux; Quand vient à gronder l'orage, Elles tremblent toutes deux.
Pour toutes deux la fortune N'a qu'un seul destin écrit ;
7+ 1.1 Vit K DEUX 1 I. M I
Que la foudre trappe L'une, L'autre avec elle périt.
Toutes deux elles partagent Le grain des petits oiseaux, Et toutes deux, se dégagent Des pièges et des réseaux.
L'une au col de l'autre essuie, Avec mille soins charmants, Les froides gouttes de pluie Qui roulent en diamants.
Le même accord harmonise Leur hymne de chaque instant, Hymne de l'homme incomprise, Mais que le Seigneur entend.
Et leur existence entière, Sortant du monde réel, Plane, comme une prière, Entre la terre et le ciel.
Frère et sœur qui l'un sans l'autre Ne pouvez vivre un seul jour, Ce doux emblème est le vôtre, Ce doux emblème d'amour.
Ainsi, dans vos âmes d'ange, Maux ou biens de l'amitié Se fondent en un échange Où chacun a sa moitié.
Allez, colombes fidèles ; Que, dans un ciel calme et pur, Dieu, pour déployer vos ailes, Vous donne un limpide azur !
Que toujours il vous contemple D'un regard clément et doux; Et moi j'irai dans le temple, J'irai le prier pour vous.
A Mme Ricard.