‹ Poèmes et poésiesChapitre 30 sur 43 · DES OEUVRES DE SAIS CI-CF.IAÏS RÉIMPRIMÉES AVEC SA COLLABORATION · texte numérisé non relu

DES OEUVRES DE SAIS CI-CF.IAÏS RÉIMPRIMÉES AVEC SA COLLABORATION

TTIIOLETS.

Le sire abbé de Sainct-Gelays Était un abbé de Thélème; Ami du curé Rabelais, Le sire abbé de Sainct-Gelays, Pour faire des jours gras complets, Rognait sur le temps de carême.

Le sire abbé de Sainct-Gelays Étiit un abbé de Thélème.

Il chantait l'amour en tous lieux. Et d'amour il tenait école ; Vous le savez, ami Beaulieux, Il chantait l'amour en tous lieux.

Sitôt qu'il voyait deux beaux yeux, Il jetait au diable l'étole.

Il chantait l'amour en tous lieux, Et d'amour il tenait école.

Tout son cœur est dans ce livret.

Autant que mien il est bien vôtre.

Gai rimeur, amant indiscret, Tout son cœur est dans ce livret, Mon cœur à le suivre est tout prêt :

Voulez-vous prendre l'un et l'autre?

Je joins mon cœur à ce livret :

Autant que mien il est bien vôtre.

LE CHEzMIVt T>E L'ÉCOLE.

La voyez-vous passer, blonde, aux yeux de pervenche? Svelte, elle a trop grandi pour son âge; elle penche Son front rêveur, qui pèse à son corps enfantin, Et son âme tressaille, en ce trouble incertain Qui n'est pas la jeunesse et qui n'est plus l'enfance.

Fillette de douze ans, livre-toi sans défense

Aux rires éclatants, aux refrains les plus gais;

Réveille tes grands yeux pensifs et fatigués ;

Imite en leurs chansons les pinsons et les merles.

N'as-tu pas, blonde enfant, un beau collier de perles,

Un bonnet à rubans, un mantelet soyeux?

Et que faut-il de plus pour rendre un cœur joyeux?

Je comprends !... Ce qui fait ta marche lente et molle, C'est qu'il te faut quitter la maison pour l'école ; C'est que tu sens peser, tout le long du chemin, A ton bras le panier, le cahier à ta main. Tu sais mal tes leçons, et la vieille maîtresse, D'une grondeuse voix, va honnir ta paresse. Console-toi, pourtant; sous ce gros livre noir Que tes doigts ont usé pour faire ton devoir, Ta mère, en t'embrassant, adorable lutine, A mis pour ton goûter une large tartine.

Garde tes gros chagrins pour des malheurs réels : Un jour tu connaîtras des devoirs plus cruels; D'autres paniers plus lourds pèseront sur ta hanche; Ta joue, aujourd'hui rose, alors deviendra blanche. Heureuse si tu peux, jeune mère à ton tour, Sur une blonde enfant répandre ton amour; Si tes perles de joie, en ton chemin semées, En un collier de pleurs ne sont pas transformées ; Si celle qui te choie et t'adore aujourd'hui

iP8 FANTAISIES.

N'étant plus là, pour plaindre et guérir ton ennui, Le" Seigneur te conserve, aux heures les plus dures, Ta tartine de pain... même sans confitures

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