A ERNEST RAYNAUD
L'Élher n'est pas toujours du Zéphyr rafraîchi, De violente ardeur l'Été le brûle aussi, L'hirondelle le quitte, et les plaintives g'rues, Compag-ncs du Notus, y ramènent les nues, Et l'Aquilon cruel y sème les frimas ; Puis encor les Saisons reviennent sur leurs pas. Telle du mal au bien, de la joie à la peine, Passe la vie humaine.
;^28 POÈMES ET SVLYKS
Ah ! que peu de support ont les faveurs d'un jour
Du bonheur désirable !
Mais le triste malheur n'est pas au misérable
Moins Yolasre à son tour.
Raynaud, parmi les biens réservés à la ferre Notre partage est le plus beau,
Puisque, sur son métier, la Parque ménagère Nous a filé Tamour de ce rameau
Stérile seulement au penser du vulgaire.
Un autre, à chaque coup surpris ou rebuté,
Remontre à la Divinité Sur l'ordre convenable et l'efîet ordinaire! Fuyons ce vice, ami : que l'intègre Beauté Pénètre notre esprit avec tranquillité, Ainsi que l'eau reçoit un rayon de lumière.
ERIPUYLE ET SYLVES NOUVELLES 22g