‹ Poèmes ironiquesChapitre 18 sur 79 · A LA PETITE DUCHESSE · texte numérisé non relu

A LA PETITE DUCHESSE

Ah ! je me sens le cœur mordu par le sanglot, Pour l'avoir retrouvée et te perdre si tôt.

El te perdre î parbleu ! la lutte pour la vie, Le désir souverain, l'ardeur inassouvie, Qui t'ont saisie au cœur et ne te lâchent plu?, T'empêchent d'écouter mes sanglots superflus ! Et puis c'est peu de chose; un amour de poète. Une fleur qu'on respire un instant et qu'on jette, Et je ne t'en veux pas et je te comprends bien, 0 Regina — pouvoir est tout, aimer n'est rien.

Une idylle près d'un piano ! beile afl'aire ! Ce qu'il^aut, c'est la lourde et morbide atmosphère Des grands salons remplis d'habits noirs décorés : Gens arrivés, banquiers cossus, sportsmen titrés.

— Il est fou, ce poète ! — Une idylle ! une idylle ! I Ah ! du poivre plutôt, du kari volatile

Qui pimente la lèvre et désucre le cœur ! Qu'est-ce encore le poivre? — Ah! plutôt l'air vainqueur Dont on traîne une robe immense sous les lustres, Loin des amoureux fous et des poètes riist-res

— C'est cela que tu veux — L'hidalgo million, Voilà ton cher seigneur et superbe lion ! Pourquoi l'adofes-tu ? Pour lui-même ? Non certe. Pour son chatoiement jaune à fausse toint»- verte ?

Non, non ; mais pour pouvoir à ton tour mépriser, Pour aller sans pudeur tout oser — tout user : Le cœur de diamant après l'âme de rose... L'abeille de l'orgueil jamais ne se repose. Idylle ! ! ah ! si tu prends ton vol jusque là-haut, Tu voudras butiner Dieu le Père. — Il le faut.

Eh bien, soit ! cours au but, le sourire à la lèvre !

Marche dans ton couronnement et dans ta fièvre 1

Sois reine ! tu seras reine, je te le dis,

Reine de nos Enfers et de nos Paradis,

Et tu t'étourdiras loin des idylles plates. —

Or moi, courbant mon cœur, courbant mes omoplates,

Je veux être un de tes mille-et-un courtisans ;

Pour saluer ton front aux diamants pesants,

J'irai, perdu parmi les jockeys, frêle artiste,

Et je triompherai de me sentir si triste.

Tu m'as pris comme fou, je resterai ton fou : C'est mon rôle, c'est mon carcan et mon licou ! A moins que l'on ne soit inscrit sur le Grand Livre, Il faut être amusant dans le monde pour vivre. Je serai ton bouffon, ton pitre, ton pierrot 1...

Oti ! t'avoir retrouvée et te perdre si tût I

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